Kindia : les femmes vendeuses dénoncent la flambée des prix en ce début de pénitence
2026-02-19 - 12:14
Alors que musulmans et chrétiens ont entamé respectivement le mois de Ramadan et le carême, la cherté de la vie inquiète à Kindia. Dans les marchés de la commune urbaine, les prix des denrées de première nécessité connaissent une hausse spectaculaire, mettant à rude épreuve le pouvoir d’achat des ménages, rapporte un des correspondants de Guineematin.com basé dans la préfecture. Les fidèles musulmans et chrétiens de Kindia, à l’instar de ceux du reste du pays, ont entamé leur période de jeûne ce mercredi 18 février 2026. Mais dans les marchés de la commune urbaine, l’ambiance est loin d’être sereine. Selon les constats effectués par notre reporter, les prix des condiments et des denrées de première nécessité ont connu une flambée vertigineuse, rendant le panier de la ménagère de plus en plus difficile à supporter. En ce début de mois de pénitence, le constat est alarmant dans les différents marchés de la « cité des agrumes ». Le sac d’aubergines, autrefois négocié entre 150 000 et 250 000 francs guinéens, se vend désormais entre 450 000 et 500 000 GNF. Le sac de gombo atteint aujourd’hui entre 1 000 000 et 1 200 000 GNF, tandis que celui de pommes de terre est passé de 300 000 à 350 000 GNF. Si le prix de l’huile d’arachide demeure relativement stable, celui de l’huile rouge a grimpé jusqu’à 360 000 GNF le bidon. Les condiments, notamment le piment et le poisson, n’ont pas échappé à cette hausse généralisée. Interrogée sur place, une vendeuse ayant requis l’anonymat explique cette situation par les coûts d’approvisionnement liés à la période de pénitence. « Nous négocions actuellement le caoutchouc de gombo entre 140 000 et 250 000 GNF pour les détaillants. À ce prix, nous n’avons presque rien à gagner, alors que nous avons aussi des familles à nourrir. Un seul gombo se vend entre 1 000 et 2 500 GNF selon la taille. Nous lançons un appel aux autorités pour une réglementation des prix dans nos marchés », a-t-elle plaidé. Du côté des clientes, la colère et l’inquiétude sont tout aussi palpables. Venue s’approvisionner, M’Hawa Sylla dénonce la flambée des prix. « Le marché est très cher en ce début de Ramadan. L’argent qu’on te donne ne suffit pas. Même avec 400 000 GNF, tu ne peux pas couvrir tes besoins. Le poisson, le piment, le gombo, tout a augmenté. Nous souffrons énormément, surtout nous les femmes », s’est-elle indignée. Elle souligne par ailleurs la situation précaire de nombreuses familles. « Il y a des femmes dont les maris ne sont plus en vie ou qui n’ont pas de moyens. Nous demandons au gouvernement de revoir les prix afin d’alléger le panier de la ménagère », a-t-elle insisté. En cette période traditionnellement marquée par le partage et la solidarité, la flambée des prix vient ainsi assombrir le quotidien de nombreux foyers. À Kindia, le mois de pénitence s’ouvre sous le signe de la cherté de la vie, posant avec acuité la question du pouvoir d’achat et de l’urgence de mesures sociales adaptées. Depuis Kindia, Amadou Baïlo Batouala Diallo pour Guineematin.com Tél. : (00224) 628 516 796