Kindia : trois imams et plusieurs autres personnes jugés pour diffamation
2026-02-10 - 13:37
Le procès de plusieurs responsables religieux (dont trois imams) et des jeunes s’est ouvert hier, lundi 9 février 2026, devant le tribunal de première instance de Kindia. Il s’agit notamment de : Elhadj Naby Moussa Soumah (premier imam de Kénendé), Elhadj Latif de la Ligue communale, Mohamed Lamine Doumbouya et Ibrahima Sory Camara alias Tènè Baridi. Ils sont tous accusés de diffamation à l’encontre de l’érudit Elhadj Abdoul Wakil Alamali Keïta, a appris Guineematin.com à travers son équipe de correspondants à Kindia. Au centre du litige : la rénovation de la grande mosquée du quartier, un projet d’envergure entièrement financé par le plaignant à hauteur de deux milliards de francs guinéens. Toutefois, derrière ce geste salué au départ par une partie de la communauté, se profile une vive controverse relative au choix de l’imam qui devrait diriger la mosquée après les travaux. Selon les éléments évoqués à l’audience, le premier imam de Kenendé, Elhadj Naby Moussa Soumah, qui a conduit la prière durant 37 années, entretiendrait un différend ancien avec le donateur. D’après l’un des prévenus, cette situation aurait nourri une volonté de remplacement de l’imam, attribuée à Elhadj Abdoul Wakil Keïta, ce que contestent implicitement les proches du plaignant. Prenant la parole devant le tribunal, l’un des mis en cause a tenu à clarifier la position du groupe. « Nous avons effectivement signé ce document et nous assumons son contenu. Mais les propos qui y figurent sont ceux rapportés par notre chef de quartier, Fodé Sylla, alias Lucio. Il nous a affirmé qu’Elhadj Abdoul Wakil Alamali Keïta souhaitait apporter le goudron, l’eau et un centre de santé au quartier, mais qu’il ne le ferait pas si l’imam n’était pas changé. C’est sur cette base que nous avons consigné ces déclarations dans le document, en accord avec les sages, car nous ne partageons pas cette décision », a dit l’un des prévenus à la barre. Une déclaration qui a suscité une attention particulière de la part du tribunal, dans la mesure où elle met directement en cause le chef de quartier. Autre fait marquant de l’audience : Moussa Camara, venu représenter le plaignant, s’est présenté sans procuration légale. Une irrégularité qui a conduit le président du tribunal à rejeter sa prise de parole. Dans la foulée, le magistrat a ordonné la comparution du chef de quartier Fodé Sylla, ainsi que de son adjoint, Fodé Sacko, estimant que leur présence est indispensable à la manifestation de la vérité. En attendant la suite des débats, les prévenus ont bénéficié d’une mise en liberté provisoire. L’affaire a été renvoyée au mercredi, 18 février 2026. À cette date, le chef de quartier et son adjoint devront comparaître afin d’éclairer davantage la juridiction sur les faits reprochés. Ce dossier, qui mêle enjeux religieux, responsabilités communautaires et considérations judiciaires, continue de susciter de vives réactions dans la ville des agrumes. A suivre ! Amadou Baïlo Batouala Diallo et Mohamed M’bemba Condé pour Guineematin.com Tel : (00224) 628 51 67 96