Kissidougou : un incendie ravage une plantation d’ananas et réduit à néant des années d’efforts
2026-03-02 - 12:16
Un violent incendie, dont l’origine demeure pour l’instant inconnue, a entièrement ravagé une plantation d’ananas. Le sinistre s’est produit dans la nuit du vendredi 27 février 2026, dans la localité de Sirdou, relevant de la sous-préfecture de Gbangbadou, à une quinzaine de kilomètres de la commune urbaine de Kissidougou. Il a détruit plus de 6 800 pieds d’ananas sur une superficie d’environ un hectare et demi, au sein d’un vaste domaine agricole de près de 10 hectares, aménagé après plusieurs années de dur labeur, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture. La victime, Abou Mara, plus connu sous le nom d’Abou-Sirdou, est un jeune entrepreneur agricole originaire de la localité. Titulaire d’une licence en Biochimie obtenue en 2016 à l’Université Julius Nyerere de Kankan, après ses études universitaires, il avait choisi de se lancer très tôt dans l’entrepreneuriat agricole, animé par une passion profonde pour la culture de l’ananas. Interrogé sur l’origine de l’incendie, le jeune agriculteur évoque plusieurs hypothèses sans toutefois accuser qui que ce soit. Abou Mara, agriculteur ayant perdu sa plantation d’ananas à Kissidougou « L’incendie s’est déclaré la nuit et c’est seulement le matin que nous avons constaté les dégâts. Pour l’instant, je ne peux pas dire si c’est intentionnel ou non. D’habitude, lorsqu’une personne met le feu pour chasser les agoutis, elle informe les propriétaires des plantations voisines. Mais dans la vie, il y a aussi des gens méchants ou jaloux. Dieu seul sait ce qui s’est réellement passé. Je ne pointe personne du doigt », a-t-il confié, visiblement éprouvé. Malgré l’ampleur des pertes, Abou-Sirdou refuse de baisser les bras. Il affirme être déterminé à poursuivre son projet agricole et à réaliser son rêve : devenir l’un des plus grands producteurs d’ananas de la préfecture de Kissidougou. « Aujourd’hui, c’est très dur pour moi. Je suis à genoux, mais je vais me relever, s’il plaît à Dieu. J’ai commencé en 2021 avec mon défunt père, avant de créer ma propre plantation sur le domaine familial. J’ai énormément souffert pour obtenir les rejets d’ananas. J’ai sillonné plusieurs localités comme Tingambaya, Albadariah, Mermèriah, Waltô ou encore Wourdou dans Manfran. Chaque rejet coûtait 500 francs guinéens. Avant l’incendie, nous avions même commencé la récolte et la vente sur les marchés hebdomadaires de Tokounou et Yardô. Le feu est venu au moment où je commençais à goûter au fruit de mon travail », a-t-il raconté avec émotion. Aujourd’hui, la principale inquiétude du jeune entrepreneur reste la difficulté à se procurer de nouveaux rejets d’ananas afin de relancer sa production. Il lance ainsi un appel à l’aide aux autorités locales et aux personnes de bonne volonté. « Le plus difficile, c’est la recherche des rejets. C’est un véritable parcours du combattant. Je sollicite l’appui de toute personne capable de m’aider à en trouver. L’agriculture est ma passion, surtout la culture de l’ananas. Je n’abandonnerai jamais », a-t-il insisté. Un drame agricole de plus qui relance la question de la protection des exploitations rurales et du soutien aux jeunes entrepreneurs agricoles en Guinée. Depuis Kissidougou, Abou Millimouno pour Guineematin.com