Législatives 2026 en Guinée : l’ADC-BOC dit non « au parti unique » et maintient sa candidature
2026-02-27 - 17:26
À quelques mois des élections législatives et communales en Guinée, prévues le dimanche 24 mai 2026, le climat politique guinéen s’intensifie. Alors que certains partis envisagent de rejoindre les rangs du parti en gestation, la Génération pour la modernité et le développement (GMD), d’autres affichent leur refus catégorique de toute fusion. Au cœur des débats : la nouvelle loi organique encadrant les partis politiques, jugée contraignante par plusieurs formations. Dans une interview accordée à Guineematin.com, le président de l’Alliance démocratique pour le changement-Boc de l’opposition constructive (ADC-BOC), Dr Ibrahima Sory Diallo, a clairement réaffirmé la volonté de son parti de conserver son autonomie et de participer aux prochaines échéances électorales. « Effectivement, le parti ADC-BOC va se porter candidat aux élections législatives et communales. Nous ne sommes pas du tout dans la logique d’une fusion. Nous estimons qu’il est fondamental de préserver notre identité politique. On ne peut pas rentrer dans un parti unique, ce serait un recul démocratique », a-t-il déclaré, évoquant notamment les initiatives politiques engagées sous l’impulsion du Premier ministre Bah Oury, visant à fondre tous les partis alliés dans la GMD. Au-delà de la question des alliances politiques, la principale source de discorde demeure l’application de la loi organique L/035 portant régime des partis politiques. Le ministre de l’Administration du Territoire a récemment appelé les formations politiques à se conformer à ces nouvelles exigences. Pour Dr Ibrahima Sory Diallo, ces dispositions sont tout simplement irréalistes. Il dénonce une volonté déguisée d’asphyxier les partis politiques, accusant le Conseil national de la transition (CNT) d’avoir légiféré sans réelle concertation. « Exiger que chaque parti dispose d’un siège dans toutes les préfectures et sous-préfectures est irréalisable. Le CNT a bel et bien fait une combine avec l’administration pour vraiment enterrer tous les partis politiques. Lorsque vous dites que chaque parti politique doit avoir un siège dans chaque préfecture et dans chaque sous-préfecture, je me demande quel est ce parti qui peut tenir ça. Même le parti qui était le plus représentatif en Guinée, l’UGFDG, n’a pas eu de siège dans les 33 préfectures, et puis le RPG n’a pas eu ça. Même si on demandait à l’administration du territoire de trouver des sièges pour l’administration publique dans les 33 préfectures, ils ne pourront pas. La preuve en est que même certains ministères ici sont en location, donc ils sont logés dans des bâtiments privés. Ça peut vous dire que ce n’est pas facile ce qu’ils posent comme problème », a dénoncé le président de l’ADC-BOC. En outre, Dr Ibrahima Sory Diallo regrette l’absence de consultation des partis politiques avant l’adoption de la loi. Selon lui, l’obligation de disposer de sièges formalisés et contractuellement reconnus dans plus de 300 sous-préfectures représente un coût financier insoutenable pour la majorité des formations politiques. « On ne peut pas être présent partout. Un parti s’implante là où il a des militants et des sympathisants. Les exigences financières imposées par cette loi dépassent largement les capacités des partis qui ne disposent pas d’autres sources de revenus. Tout porte à croire que l’objectif est de voir les partis disparaître après les élections », a-t-il fustigé. Malgré ces contraintes, l’ADC-BOC entend maintenir le cap et participer activement aux élections législatives et communales de 2026, au nom du pluralisme politique et de la démocratie en Guinée. Mariama Barry pour Guineematin.com