La Côte d’Ivoire rejette fermement les accusations du président nigérien Abdourahamane Tiani
2026-01-31 - 10:08
La Côte d’Ivoire a vivement réagi aux propos tenus par le président nigérien Abdourahamane Tiani mettant en cause le chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara dans les attaques qui ont ciblé la capitale Niamey. En réponse, les autorités ivoiriennes ont convoqué, ce vendredi 30 janvier 2026, l’ambassadeur du Niger accrédité à Abidjan afin de dénoncer des déclarations jugées graves et attentatoires aux usages diplomatiques. La réaction d’Abidjan fait suite à une sortie du président Tiani lors de sa visite sur le site de l’aéroport international de Niamey, victime d’une attaque armée, revendiquée par l’Etat Islamique. À cette occasion, le chef de l’État nigérien a mis en garde des États et des personnalités qu’il a qualifiés de « sponsors » des auteurs de l’attaque terroriste visant la base aérienne de Niamey. Il a cité les présidents Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Emmanuel Macron (France) et Patrice Talon (Benin). « Vous avez longtemps aboyer, vous allez nous entendre rugir », a lancé le chef de la junte Nigérienne, arrivé au pouvoir par coup d’Etat contre Mohamed Bazoum, démocratiquement élu, toujours séquestré. Estimant ces propos inacceptables, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Nialé Kaba, a convoqué la représentante diplomatique du Niger pour lui faire part de la « vive indignation » et de la « condamnation ferme » du gouvernement ivoirien. Selon un communiqué officiel, la cheffe de la diplomatie ivoirienne a dénoncé des déclarations portant atteinte aux principes de la diplomatie et à l’honneur du président Alassane Ouattara. Au cours de cette rencontre, Nialé Kaba a également souligné que la Côte d’Ivoire ne saurait tolérer des agissements de nature à compromettre les relations bilatérales entre Abidjan et Niamey. Une lettre officielle de protestation a été remise à l’ambassadeur du Niger, adressée au général Abdourahamane Tiani, tout en précisant que la Côte d’Ivoire se réserve le droit de « tirer toutes les conséquences qui s’imposent ». Cette nouvelle tension diplomatique intervient dans un contexte régional marqué par des relations difficiles entre la Confédération des États du Sahel (AES) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). À plusieurs reprises, les dirigeants militaires de l’AES (Mali, Burkina Faso et Niger) ont accusé la Côte d’Ivoire, et particulièrement son président, de vouloir déstabiliser leur alliance souveraine. Désormais, Abidjan attend la réaction officielle de Niamey pour déterminer la suite à donner à ce différend diplomatique, qui illustre une fois de plus les crispations persistantes au sein de la sous-région. Keïta Idrissa, correspondant de Guineematin.com au Mali