La dernière banque française annonce son départ de la Guinée : Par Habib Yembering Diallo
2026-01-27 - 09:02
Il y a, en ce début de l’année 2026, une affiche qui ne passe pas inaperçue à Conakry. C’est tout un symbole. Cette affiche annonce le départ prochain de la dernière banque française : La Société générale de banques en Guinée, qui devient AFG Bank Guinée. Une autre banque qui appartient à un groupe panafricain dont le siège est à Abidjan. La SGBG emboîte ainsi le pas à ses sœurs de l’Union internationales des banques en Guinée, UIBG, devenue Orabank Guinée en 2011, lorsque le groupe bancaire Financial Bank a adopté la nouvelle marque Orabank. Plus tard, la Banque pour le commerce et l’industrie de Guinée BICIGUI, deviendra Vistagui. C’était aussi en 2021, après son rachat par le groupe Vista-Bank. Ainsi, le dernier du trio, qui s’était installé en Guinée après la libéralisation intervenue en avril 1984, vient de faire sa valise. Le départ de la SGBG intervient quelques mois seulement après celui de LafargeHolcim. Le géant mondial du ciment a cédé sa place le 30 juillet 2025 à l’entreprise Hillside Triumph Ltd, un groupe d’investissement basé à Londres. Après cette acquisition, l’entreprise a confirmé le retour à son nom historique Ciments de Guinée. L’objectif, explique-t-on, est de renforcer son ancrage national et local. Dans un monde où l’hégémonistes et adepte de « America first » est en train de remettre en cause le multilatéralisme, la France se serait passée bien volontiers de cette cascade de départs de ses entreprises dans un pays francophone. Et de surcroît un pays suffisamment doté par dame nature en ressources naturelles. Mais l’ancienne puissance coloniale a une petite consolation. Ce ne sont ni les Chinois, ni les Américains encore moins les Russes qui reprennent ses banques et industries en Guinée. En outre, il y a encore et toujours d’autres entreprises de l’hexagone en Guinée. Et non des moindres. Total, devenue TotalEnergie le 1er octobre 2021, est toujours en Guinée. Quant à Orange, elle est devenue le leader incontestable dans le domaine de la téléphonie mobile en Guinée. Pour la petite histoire, la BICIGUI –du groupe BNP-Paribas- avait été créée en 1985 dans le cadre de l’ouverture du secteur bancaire guinéen suite aux réformes libérales. Pour sa part, la société générale de banques en Guinée s’était installée en Guinée le 23 décembre de la même année, en créant la SGBG, filiale du groupe société générale. Enfin, l’Union internationale des banques en Guinée, UIBG, issue du crédit lyonnais, a commencé ses activités le 16 mars 1988. Mais il n’y a pas que les banques françaises qui ont fait la valise. Dans le domaine du BTP, SOGEA SATOM brille par son absence sur les chantiers du pays. A l’exception des travaux ferroviaires réalisés il y a quelques années entre Kamsar et Sangarédi ou encore des travaux associés au pont de péage Général Mamadi Doumbouya, la filiale de la société française Vinci Construction ne se fait pas remarquer en Guinée. Cédant sa place aux entreprises chinoises. Ce que beaucoup de Guinéens regrettent, au regard de la qualité des travaux effectués ces dernières années par les entreprises de l’empire du Milieu. Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com