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Langue maternelle : « L’identité de chaque personne repose avant tout sur sa langue première »

2026-02-21 - 10:15

Le 21 février de chaque année, le monde célèbre la Journée internationale de la langue maternelle, initiée par l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO). Elle vise à promouvoir la diversité linguistique et culturelle ainsi que le multilinguisme. Pour l’édition 2026, l’institution internationale a choisi de placer les jeunes au centre des échanges autour du thème : « Les voix de la jeunesse sur l’éducation multilingue ». En prélude à cette journée, un reporter de Guineematin.com est allé à la rencontre de Mamadou Diouma Diongassi Camara, promoteur de la langue Pular, afin de recueillir son point de vue sur l’importance de cette journée et sur la place des langues maternelles dans la société. Selon Mamadou Diouma Diongassi Camara, la langue maternelle constitue le socle même de l’identité culturelle : « Lorsqu’on perd sa langue, on perd catégoriquement sa culture », a-t-il confié à notre reporter. Pour Mamadou Diouma Diongassi Camara, la langue maternelle va bien au-delà d’un simple outil de communication. Elle incarne les valeurs, les traditions et l’histoire d’un peuple. C’est pourquoi, souligne-t-il, la préservation du Poular demeure un enjeu fondamental pour les communautés qui le parlent. « L’identité de chaque personne repose avant tout sur sa langue première, qui est la langue maternelle », a-t-il insisté. Saluant l’initiative de l’UNESCO, le promoteur de la langue Poular rappelle que cette journée vise également à sensibiliser les gouvernants, les institutions et les communautés à la nécessité de protéger les langues locales, notamment celles menacées de disparition. « Parler des langues maternelles, c’est parler de diversité culturelle et linguistique. Il faut préserver nos langues, notamment le Pular, car perdre sa langue revient à perdre sa culture », a-t-il déclaré. Abordant la question du bilinguisme, Mamadou Diouma Diongassi Camara a tenu à préciser qu’apprendre des langues étrangères comme le français ou l’anglais reste important. Toutefois, il met en garde contre le risque d’abandon des langues maternelles : « Le problème n’est pas d’apprendre le français, mais de l’apprendre au point d’oublier sa propre langue. À partir de là, on perd inévitablement sa culture », a-t-il laissé entendre. La problématique de l’enseignement en langue maternelle continue par ailleurs d’alimenter les débats. Selon lui, les spécialistes de l’éducation s’accordent sur un point : l’enfant assimile mieux les connaissances lorsqu’elles sont transmises dans sa langue maternelle. « Si les sciences (Mathématiques, Philosophie, Biologie, etc.) étaient enseignées dans nos langues nationales, nous formerions davantage de savants, car l’enfant comprend mieux dans sa langue que dans toute autre », a-t-il affirmé. En conclusion, Mamadou Diouma Diongassi Camara a lancé un appel aux jeunes Africains, en particulier ceux de Guinée, à assumer pleinement leurs langues nationales et à s’engager activement pour leur promotion. Pour lui, ces langues constituent non seulement un marqueur d’identité, mais aussi une richesse culturelle inestimable à préserver et à valoriser. Moussa Konaté pour Guineematin.com Tél :(+224) 621016809

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