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Laye Sékou Camara installé au Ministère de l’Energie : « Les années 2026 et 2027 seront des années de labeur »

2026-02-07 - 10:37

La série des installations des ministres de la 5e République a pris fin ce vendredi, 6 février 2026, avec la prise officielle de fonction du nouveau ministre de l’Énergie, Laye Sékou Camara. La cérémonie solennelle, organisée dans la salle de réunion du département de l’Énergie, a connu une forte mobilisation de personnalités politiques, de membres du gouvernement, de cadres du ministère ainsi que d’agents issus d’autres départements ministériels. La salle du département, archicomble, témoignait de l’importance stratégique de ce portefeuille dans la marche de l’État guinéen. Ce moment de passation a été marqué par des discours empreints de solennité, de reconnaissance et de projections ambitieuses pour l’avenir énergétique du pays, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters. Dans une allocution dense et profondément institutionnelle, le ministre sortant de l’Énergie, Namory Camara, a tenu à rappeler le sens de l’action publique, la continuité de l’État et l’importance de placer l’humain au cœur des politiques publiques. « Cette cérémonie incarne la continuité de l’État, principe fondamental de toute République organisée. Elle rappelle que les fonctions passent, mais que l’État demeure. Le ministère de l’Énergie n’a jamais été pour moi un privilège, mais une exigence. Celle de servir sans calcul, avec rigueur, loyauté et un sens élevé du devoir républicain. Servir l’État à différentes étapes de mon parcours a renforcé une conviction simple. L’action publique n’a de sens que lorsqu’elle est utile et virale. Ainsi, au ministère de l’Énergie, cette même exigence de service aux citoyens s’est traduite par une priorité claire. Structurer l’essentiel. Il s’agissait, entre autres, de renforcer la gouvernance sectorielle, relancer les projets stratégiques, consolider les partenariats et aligner l’action énergétique sur la vision nationale. Il s’agissait, entre autres, de renforcer la vision nationale portée par le chef de l’État. L’énergie est le socle du programme Simandou 2040. Elle est la condition de l’industrialisation, de l’emploi et de la dignité économique et humaine. Rien de tout cela n’est l’œuvre d’un seul homme. Ces avancées sont le fruit d’un travail collectif dans la continuité de l’action républicaine portée par l’État. L’énergie est le socle du programme Simandou 2040 », a-t-il déclaré. Son discours, à la fois bilan et transmission, a posé les jalons de la vision qu’il laisse à son successeur. « Monsieur le ministre de l’Énergie entrant, cher frère Laye Sékou Camara, vous êtes un homme du secteur, un professionnel aguerri. Vous prenez la tête d’un département stratégique, porteur d’espérance et de responsabilité majeure. Je vous adresse mes vœux sincères de plein succès et invite l’ensemble des cadres ici présents à vous accompagner avec loyauté, discipline et engagement dans l’intérêt supérieur de la nation. Pour ma part, je demeure au service de la République de Guinée, disponible chaque fois que le devoir m’appellera. Servir l’État n’est pas une fonction, c’est une posture. Et cette posture est avant tout humaine. Servir la République, c’est croire à la force du capital humain, comme mon cher frère l’a rappelé, à la richesse des compétences nationales et à la noblesse des valeurs qui font de l’action publique. Les ressources naturelles peuvent s’épuiser, les fonctions peuvent changer, comme aujourd’hui, mais les valeurs demeurent lorsque l’engagement est sincère et le service loyal. Que notre nation, comme nous, comme notre action collective, continue de placer l’humain au cœur des décisions. Car c’est dans la qualité des femmes et des hommes que se construit jour après jour une Guinée forte, juste et prospère. La République est plus grande que nous. Qu’Allah bénisse de la Guinée, protège ses institutions, éclaire nos dirigeants et nous guide sur le chemin d’un service loyal, responsable et profondément humain », a souhaité Namory Camara. Prenant la parole à son tour, le ministre entrant Laye Sékou Camara a d’abord salué le travail accompli par son prédécesseur avant d’affirmer sa volonté de poursuivre et d’approfondir les réformes engagées. « Je voudrais rendre hommage et apporter mon soutien à Monsieur le ministre sortant de l’Énergie, mon cher frère Namory. Je sais que vous avez engagé des réformes importantes et je vous garantis que je poursuivrai sur vos traces afin d’améliorer davantage ce département. Il n’est pas nécessaire d’être ingénieur énergéticien pour diriger le ministère de l’Énergie. Il suffit d’être un homme visionnaire, capable de donner une orientation claire et de faire de ce ministère une institution qui mérite pleinement son sens », a dit le ministre de l’Energie entrant, Laye Sékou Camara. Dans la suite de son intervention, il a mis l’accent sur le principal défi du secteur énergétique guinéen : le manque de sources de production, appelant à une mobilisation collective pour y faire face durablement. « Ma présence aujourd’hui à la tête de ce département s’inscrit dans un parcours professionnel. Beaucoup de grandes personnalités sont passées par ici et ont marqué leur époque. Aujourd’hui, c’est à mon tour, et demain ce sera le tour de quelqu’un d’autre. J’en suis pleinement conscient. L’énergie est un domaine que je connais, même si l’on continue toujours d’apprendre. J’espère que nous allons travailler ensemble pour relever les défis, car notre pays en a besoin. Nous avons construit des lignes et lancé de grands projets, mais nous manquons de sources de production. L’un des principaux problèmes de notre nation aujourd’hui est justement ce déficit de production, et nous devons y faire face », a-t-il martelé. Abordant les projets structurants, Laye Sékou Camara a clairement annoncé ses priorités, notamment les barrages de Fomi et d’Amaria, tout en insistant sur la nécessité d’anticiper le transport de l’énergie afin d’éviter les erreurs du passé. « Je demande à l’ensemble des travailleurs du secteur de se mobiliser afin que ce défi soit relevé convenablement. Jusqu’à présent, certaines zones de notre pays n’ont toujours pas accès à l’électricité ; et ce, depuis l’indépendance. Nous devons en tenir compte. Le travail qui nous est confié est clair : sortir la Guinée de ce déficit énergétique. Aujourd’hui, l’énergie est devenue un problème crucial pour l’État. Chaque fois que le Premier ministre aborde ce sujet, cela préoccupe tout le monde. Nous devons donc travailler sérieusement pour redresser la situation. Certes, nous bénéficions de l’interconnexion et échangeons de l’énergie avec nos pays voisins, mais cela doit être bien expliqué à la population. Je prends ici l’engagement, devant vous tous, que le barrage de Fomi fait partie de mes priorités absolues. C’est l’un des barrages les mieux étudiés de la République. Mon cher frère Namory et moi nous étions engagés ensemble à le réaliser. Nous avons signé des protocoles et partagé la même vision. Aujourd’hui, j’affirme que l’un des chantiers phares de notre action sera le barrage de Fomi. Je demande à tous les travailleurs du ministère de l’Énergie de se mobiliser autour de ce programme. Le barrage de Fomi aidera à réduire le déficit de production, mais il ne suffira pas à lui seul. Nous sommes également engagés dans la construction du barrage d’Amaria. Le projet avance, mais la grande question reste l’évacuation de l’énergie produite. Il faut anticiper et construire dès maintenant les lignes électriques. Ce qui s’est passé avec le projet de Souapiti ne doit plus se répéter. Le transport de l’énergie avait été négligé, et nous ne serons pas pardonnés si la même erreur se reproduit avec Amaria. À ce jour, la ligne électrique d’Amaria accuse un retard par rapport à l’avancement du barrage. Il faut corriger cela », a fait savoir le nouveau ministre Laye Sékou Camara. Pour conclure, le ministre a insisté sur l’urgence de résoudre la situation énergétique de la région de Kankan, seule grande ville du pays à ne pas encore bénéficier d’une alimentation électrique continue. « Je tiens à m’engager devant vous : nous allons travailler. Les années 2026 et 2027 seront des années de labeur. Aujourd’hui, la seule grande région qui ne bénéficie pas d’électricité 24 heures sur 24 est la ville de Kankan. Le directeur général est ici présent et sait combien cela coûte d’alimenter Kankan avec des groupes électrogènes. Ce n’est pas normal que cette région soit la seule dans cette situation, alors que toutes les autres grandes villes du pays ont désormais le courant en continu. Je demande donc au directeur général d’EDG de faire du projet de 40 mégawatts une priorité absolue. Il doit être achevé d’ici le mois de mai. Il faut se mettre autour de la table, travailler et faire sortir ce projet de terre », a-t-il conclu. Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com Tél. : 622919225

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