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Les hostilités reprennent entre Tibou Kamara et Alhoussaïny Makanera Kaké

2026-02-02 - 10:07

Après leur joute de 2024, on croyait que la hache de guerre était enterrée entre Tibou Kamara et Alhoussaïny Makanera Kaké. Visiblement non. Les deux hommes veulent toujours en découdre. Avant que l’un ou l’autre ne dise à l’opinion publique les raisons de cette animosité viscérale, les deux anciens ministres d’Alpha Condé ne se font aucun cadeau sur la toile. Chacun remettant en cause les compétences et les convictions de l’autre. Ce débat, qualifié de caniveau –parce qu’il porte sur les personnes et non sur un sujet d’intérêt général – revient à un moment où la récente sortie du livre-témoignage d’un des protagonistes a défrayé la chronique. Et comme pour apporter de l’eau au moulin du nouvel écrivain, son adversaire indique que ce livre est écrit par l’Intelligence Artificielle. Alors que l’auteur avait fait ses preuves bien avant l’avènement de l’IA. Une précision est nécessaire à ce niveau. L’intelligence Artificielle ne crée pas. Si elle fait le travail de l’homme à sa place, c’est parce qu’elle sait où aller chercher l’information. Ce sont les œuvres de ceux qui sont intelligents que l’intelligence artificielle a stockées quelque part et qu’elle met à la disposition de ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas faire un effort intellectuel. Autrement dit, pour le cas de Tibou Kamara, c’est l’inverse qui doit se produire : C’est IA qui doit recourir à ses travaux pour ceux qui ne peuvent pas faire comme lui et non l’inverse. Très jeune déjà, Tibou avait publié un livre intitulé « Lansana Conté, ma politique » en 1998. À cela il faut ajouter que l’homme a fait ses preuves dans les rédactions de tous les grands journaux de la Guinée avant de créer le sien : l’hebdomadaire L’Observateur. Avec un tel parcours, il faut attaquer l’homme sur d’autres sujets. Pas sur ses capacités rédactionnelles. Les rares journalistes convertis en politique ont plutôt honoré la profession par leurs compétences. Outre Tibou Kamara, Aboubacar Sylla, fondateur du Groupe de presse L’Indépendant et Le Démocrate, s’est distingué partout. Avec l’opposition, c’est lui qui rédigeait déclarations et communiqués. Son titre de porte-parole n’était ni un cadeau encore moins une faveur. C’était un mérite. Et quand il est devenu ministre, aucun de ses collègues ne pouvait porter plus haut et plus audible la parole de l’équipe gouvernementale mieux que lui. Mais revenons au duel entre Tibou Kamara – Alhoussaïny Makanera Kaké. Pour un début civilisé, après la parution du livre-témoignage du premier, le second devait faire l’exercice nécessaire pour sortir le sien. Afin de confirmer ou d’infirmer les faits relatés par son ancien collègue. Pour la crédibilité d’un homme, il ne peut pas confesser publiquement n’avoir pas lu un livre et en même dire que ce même livre est mauvais. Vivement donc le livre-témoignage de M. Kaké. Parce qu’étant de tous les combats politiques de ces dernières années, il a incontestablement beaucoup de choses à dire. S’il le veut. Ou s’il le peut. En attendant ce livre, MM. Kamara et Kaké feraient mieux de nous épargner d’un débat injurieux où chacun qualifie l’autre de tous les noms d’oiseaux. Si Makanera Kaké reproche à Tibou Kamara d’avoir été ami de l’opposant et ministre du président, cette posture est plutôt une qualité. Particulièrement en Guinée. Elle prouve à ceux qui pensent qu’il fallait insulter Cellou Dalein pour être dans les grâces d’Alpha Condé que cela relève d’un zèle. Et qu’en dépit de tout, travailler avec le président n’implique pas de facto la rupture avec ses opposants. En ce qui concerne Makanera, qui prend tous les coups à cause de ses navettes entre le pouvoir et l’opposition, son cas devrait plutôt intéresser les politologues et autres chercheurs. Comment cet homme a-t-il pu se faire accepter chaque fois qu’il a quitté un camp pour rejoindre un autre ? Quel est son secret ? Quand il a claqué la porte du pouvoir après son départ du gouvernement, il avait choisi les mots pour emballer responsables et militants de l’UFDG. Se disant porteur de sac de Cellou Dalein Diallo, il avait confessé publiquement au siège du parti de son nouvel allié avoir menti. Curieusement, lorsqu’il s’est rendu compte que le sac qu’il portait était vide et que Cellou et les siens ne faisaient rien pour le remplir, il a fait son comeback au RPG. Il n’est pas donné à tout le monde d’avoir une telle audace, une telle témérité. Si, demain, les deux hommes acceptaient de débattre sur « Comment être ministre du président et ami de son principal opposant » ou « Quelle est la stratégie voire la ruse pour faire la transhumance politique », ce débat intéressera tous les Guinéens. Même si, comme Tibou l’a rappelé, Makanera s’est montré récemment hypersensible sur la question de transhumance politique. Lorsque la journaliste Aïssatou Chérif Baldé a fait allusion à ses allées et venues dans les différentes formations politiques, il l’a traitée d’impolie, d’ethno et de militante de l’UFDG. Mais, cette étiquette collée à un journaliste est du déjà entendu pendant les 11 ans de règne du PRG. Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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