Limogé pour “faute lourde” à la DCI : Moussa Condé brise le silence et dévoile ses dérives
2026-03-23 - 12:53
On en sait désormais un peu plus sur le limogeage de l’ex-directeur de la communication et de l’information de la Présidence guinéenne. Dans une vidéo de 2 minutes 34 secondes publiée sur Facebook, Moussa Condé a choisi de revenir sur les dessous de son éviction pour « faute lourde », évoquant sans détour les éléments ayant conduit à la décision présidentielle. Officiellement démis de ses fonctions le 20 mars 2026 via un décret lu à la télévision nationale, celui qui occupait le poste de directeur de la communication et de l’information de la présidence depuis le 30 mai 2024 a tenu à mettre fin aux rumeurs persistantes. Dans un récit sans langue de bois, il détaille les faits à l’origine de sa chute : une tentative de se faire des relais auprès de la garde présidentielle, le recours à des marabouts pour plaire au chef de l’État, et l’utilisation de son bureau à des fins personnelles inappropriées. Guineematin.com vous propose le récit de cette confession inattendue : « Dans un premier temps, le problème a commencé avec un appel téléphonique d’un membre de la garde rapprochée du Président, un certain Kondébili, qui m’avait demandé de l’aide un soir. Je lui ai fait un dépôt de 500 000 francs. Par la suite, je lui ai demandé d’essayer d’écouter ce qui se passait autour du Président et de me remonter les informations. Cet appel a été intercepté et mon téléphone saisi. Lors des contrôles, des échanges sur mon WhatsApp avec certains marabouts ont été découverts. Je leur demandais d’accomplir des rituels pour que je sois dans les bonnes grâces du Président et éviter d’être limogé. Ces travaux mystiques, accompagnés de vidéos qu’ils m’avaient envoyées, ont été vus. Le troisième facteur de mon limogeage concerne la gestion interne à la DCI. Je passais complètement à côté de mes responsabilités et ne payais pas régulièrement les primes de mes employés. Enfin, des vidéos privées que j’avais réalisées dans mon bureau avec certaines femmes, jugées inappropriées pour un directeur de la communication de la Présidence, ont été retrouvées sur mon appareil. Ce limogeage est mérité. Il n’est pas le fruit du hasard. Tous les facteurs que je viens d’énumérer ont conduit à cette sanction. Toutes les informations que je vous ai données sont fiables et je les affirme librement. Je voulais que nous soyons tous au même niveau d’information, car beaucoup de spéculations circulent sur Internet, visant parfois à s’attaquer au Président. Non, je suis le seul et l’unique responsable de ce qui s’est passé. Personne ne peut accepter mes actes. Voilà pourquoi j’ai été sanctionné, et j’assume pleinement cette sanction. » Cette prise de parole directe mettra-t-elle fin aux débats dans la cité ? Les jours à venir nous le diront! Boubacar Diallo pour Guineematin.com