« Même un fou a une âme » : à Labé, un chauffeur jugé pour homicide involontaire
2026-02-12 - 09:18
Accusé d’avoir causé la mort d’un homme souffrant de troubles mentaux lors d’un accident de la circulation, un jeune chauffeur a comparu ce mercredi, 11 février 2026, devant le tribunal de première instance de Labé. A la barre, Mountagha Diallo, c’est son nom, a reconnu les faits d’homicide involontaire mis à sa charge. Mais, il a nié l’accusation de tentative de fuite articulée à son encontre par le procureur. Mais, les parents de la victime démentent sa version, clamant que « même un fou a une âme », a constaté sur place Guineematin.com à travers son correspondant préfectoral. Comme annoncé dans un précédent article, un accident de la circulation, survenu le 22 janvier dernier au quartier Mosquée, dans la commune urbaine de Labé, a coûté la vie à Mamadou Samba Baldé, un homme vivant avec un handicap mental. Interpellé après les faits, Mountagha Diallo, chauffeur de profession, âgé de 27 ans, est poursuivi pour homicide involontaire. La famille de la victime l’accuse également de délit de fuite, une circonstance qui pourrait alourdir sa responsabilité pénale si elle est confirmée par le tribunal. Appelé à la barre pour donner sa version, Mountagha Diallo a reconnu les faits d’homicide involontaire, tout en rejetant l’accusation de tentative de fuite. Répondant aux questions du président du tribunal, Boubacar III Barry, il a livré sa version des faits. « Je reconnais cet homicide involontaire, mais je n’ai pas tenté de fuir. Je descendais la côte au quartier Mosquée quand le monsieur a sauté vers le camion et je l’ai touché. Je suis descendu avec un ami pour le déposer sur le côté, puis je me rendais au commissariat. Arrivé à Hoggo M’Bouro, des gens m’ont intercepté en disant que je fuyais. Ils m’ont ramené sur les lieux. Je ne pouvais pas regarder le corps. Ensuite, je suis allé voir les responsables syndicaux pour expliquer la situation. Je n’ai pas fait exprès », a-t-il déclaré. Interrogé par le procureur sur un éventuel état d’ivresse ou un excès de vitesse, le prévenu a nié toute consommation d’alcool ou de substances psychotropes. « Je roulais à environ 15 km/h, en troisième vitesse. Je n’ai jamais dit que je ne me suis pas arrêté parce que c’était un fou. Si cela a été dit, c’est peut-être mon apprenti, mais pas moi. Je reconnais que ce serait anormal. Je demande pardon à la famille, pour l’amour de Dieu », a-t-il ajouté. Représentant une partie de la famille de la victime, Mamadou Alpha Baldé, frère du défunt, a maintenu sa plainte malgré le désistement de certains proches. Il affirme que le chauffeur aurait tenté de fuir après l’accident et n’aurait pas respecté la mémoire du disparu. « Mon frère était enseignant, mais il a cessé d’enseigner depuis 12 ans à cause de sa dépression. Il suivait régulièrement son traitement et sortait très peu. Après l’accident, des conducteurs de moto-taxi sont venus m’informer. Selon eux, le chauffeur aurait d’abord frôlé un motard avant de percuter mon frère. On m’a dit qu’il fuyait vers Hoggo M’Bouro. Quand je suis arrivé, la foule l’avait déjà arrêté. Depuis qu’il a percuté mon frère, il ne s’est pas arrêté et disait qu’il avait tué un fou. Pourtant, ce fou aussi a une âme. Je veux que justice soit faite, sans demander de dédommagement », a soutenu Mamadou Alpha Baldé. Malgré la demande de pardon formulée par le prévenu, Mamadou Alpha Baldé a réaffirmé sa position devant le tribunal. Toutefois, l’intervention d’un oncle maternel de la victime, présent à l’audience, a conduit la famille à solliciter un renvoi, afin de se concerter sur l’éventualité d’un pardon. Le procureur a appuyé cette requête de l’oncle maternel du défunt Mamadou Samba Baldé. Le président du tribunal, Boubacar III Barry, a donc renvoyé l’audience au mardi 17 février 2026, pour la suite des débats. Depuis Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com