Mairie de Pita : « Nous disposons d’un seul camion, offert il y a plus de dix ans… », s’alarme Youssouf Bah
2026-02-25 - 09:25
Après une année 2025 marquée par d’intenses activités, mais aussi par des difficultés et des défis majeurs, la mairie de Pita, dirigée par le Président de la délégation spéciale (PDS), Mamadou Youssouf Bah, dresse le bilan de ses actions et décline ses priorités pour l’avenir. Dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com à travers un de ses reporters, il revient en détail sur les réalisations accomplies, les obstacles rencontrés ainsi que les perspectives pour 2026. Guineematin.com : quel bilan global dressez-vous des actions menées par la commune urbaine de Pita au cours de l’année 2025, notamment en matière de développement local et de services aux populations ? Mamadou Youssouf Bah : c’est un plaisir pour moi de partager ce moment avec vous. Comme vous le savez bien, la commune en Guinée est régie par le Code des collectivités. À ce titre, nous avons un PAI (Plan annuel d’investissement) que nous avons développé pendant l’année 2025. Peut-être que nous ne sommes pas allés au bout par manque de moyens, mais il y a des actions que nous avons pu mener. Je vais classer ces actions en trois grandes parties : ce que la commune a réalisé sur fonds propres ; ce que les conseils de quartier ont réalisé ; ce que nos partenaires au développement nous ont aidés à réaliser avec les ressortissants Concernant nos partenaires : il faut dire qu’il y a eu l’achèvement de la clôture de deux blocs de latrines à l’école primaire franco-arabe par l’ANAFIC ; la formation de jeunes (dalles écologiques, charbon écologique, couveuses, coiffure, peinture, électricité) par l’ONFPP (Office national de formation et de perfectionnement professionnel) ; l’acquisition et l’installation de poubelles par l’UNICEF ; l’installation de kits informatiques pour la digitalisation de l’état civil par ENABEL (Coopération Belge) ; la formation des paysans pour la fabrication de pierres à lécher, de foyers améliorés et la mise en place de pépinières par ENABEL ; la construction de deux blocs de latrines et de points d’eau à l’école primaire de Hafia par l’ONG Partenariat ; la rénovation et l’équipement de six salles de classe à l’école primaire de Pita grâce à Elhadj Bah Ousmane et à des associations de femmes ; l’octroi d’une moto à la radio rurale par l’ONG Pita ; la construction de deux forages par l’organisation Ensemble pour le Développement à Fello (Salloubhè) et au collège Djissouma ; un don de 215 livres à l’école primaire Rêve par l’ONG Minkadi pour la paix ; un diagnostic approfondi des points d’eau et latrines publics grâce à l’appui de partenaires. Aujourd’hui, la commune est en mesure d’identifier les points d’eau fonctionnels et non fonctionnels ainsi que les coûts de remise en état. Quelles ont été les principales difficultés rencontrées par l’exécutif communal en 2025 et quels défis majeurs restent à relever ? La première difficulté est le manque de cadres. La commune urbaine de Pita ne compte que deux fonctionnaires d’État : l’officier d’état civil et le receveur communal. Nous n’avons pas de secrétaire général. La deuxième grande difficulté concerne la mobilisation des ressources. Malgré la digitalisation du marché central, il existe beaucoup de déperditions de recettes. Certaines personnes refusent encore de s’acquitter de leurs obligations fiscales. Nous manquons également de précepteur. Le défi majeur est donc d’améliorer le recouvrement des recettes. Un autre défi important est l’assainissement. Nous disposons d’un seul camion, offert il y a plus de dix ans, aujourd’hui très vétuste. Notre dépotoir n’est pas aménagé et les moyens sont insuffisants. L’assainissement représente un lourd fardeau financier. Qu’en est-il de la situation des enseignants communautaires ? Heureusement, l’État a pris en charge la plupart des anciens enseignants communautaires. Cependant, certaines écoles ont encore besoin d’enseignants, notamment des fonctionnaires d’État. Quelles sont les perspectives et priorités de la commune urbaine de Pita pour les années à venir afin de renforcer la gouvernance locale et améliorer les conditions de vie des populations ? Pour 2026, la première activité entamée concerne la rénovation de la mairie. Les travaux de plomberie sont réalisés et la peinture est en cours. Nous prévoyons la construction d’un collège au quartier Afia, car la commune ne compte que deux collèges publics, insuffisants pour le centre-ville. Nous voulons également achever l’école primaire de Missira (trois salles de classe) avant la fin de l’année scolaire, ainsi que les trois salles de classe en construction à Guémé 2. Un projet de salle polyvalente de formation est prévu au jardin Yule. Nous souhaitons accompagner les jeunes formés par l’ONFPP à se regrouper en PME ou en coopératives. Nous comptons poursuivre les travaux d’assainissement et acquérir au moins trois motocycles pour appuyer les services. Avec l’ANAFIC, nous envisageons la construction d’un centre d’accueil au sein de la commune et l’aménagement de l’espace situé devant la mairie (triangle créé lors des travaux routiers). Enfin, nous sollicitons l’appui de l’ANAFIC pour accompagner la construction du futur collège (salles supplémentaires, bureau, point d’eau et latrines). Voilà la vision de la commune en termes de réalisations pour 2026. Propos recueillis par Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com Tél. : 622 919 225