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Marcelline Lamah risque gros à Conakry : « J’ai introduit des boules de cocaïne dans mon vagin »

2026-01-28 - 09:32

Dame Marcelline Lamah, jugée pour trafic international de stupéfiants portant sur 890 g de cocaïne, risque une peine de 10 ans de réclusion criminelle et le paiement d’une amende 500 millions de francs guinéens au tribunal de Mafanco. Telles sont les peines requises par le représentant du ministère public à son encontre à l’audience criminelle du mardi, 27 janvier 2026. À la barre, elle avait reconnu avoir introduit plusieurs boules de cocaïne dans ses parties intimes avant de se faire arrêter à l’aéroport de Conakry. Elle a plaidé la clémence du tribunal, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters. Marcelline Lamah est en détention préventive depuis le 6 janvier 2025 à la maison centrale de Conakry dans une affaire de 890 g de cocaïne. Appelé à la barre pour sa déposition, l’accusée reconnaît avoir introduit plusieurs boules de cocaïne dans ses parties génitales. Mais, après avoir commencé à saigner, elle a fini par dissimuler la drogue dans son collant, dit-elle. « Il y a un an de cela, j’ai fait la connaissance d’une dame du nom de Khadija dans une boîte de nuit à Taouyah, alors que j’étais partie pour danser. Elle m’a confié qu’un Nigérian cherchait des filles pour transporter des colis contre une rémunération de 1000 euros. Comme je préparais un voyage pour la Tunisie dans l’espoir de traverser vers l’Europe et que j’avais besoin d’argent, je me suis portée candidate. Nous sommes restées en contact et, le moment venu, j’ai contacté la dame. Elle m’a expliqué qu’elle remettrait le colis à une tierce personne si elle n’avait pas le temps de venir elle-même. Elle m’a donné rendez-vous au carrefour de l’aéroport de G’bessia pour récupérer le paquet. Pour identifier mon contact, un code avait été établi : la personne devait me dire « Intéressé ! ». C’est ainsi que j’ai identifié le motard. Lorsqu’il m’a remis le colis, j’ai ouvert le plastique et j’ai aperçu des billets de 50 euros », a-t-elle expliqué. Poursuivant, Marcelline Lamah a expliqué comment elle a procédé pour introduire la drogue dans ses parties génitales. « J’ai glissé l’argent dans mon portefeuille, mais comme le reste du colis ne pouvait pas tenir dans mon portefeuille, l’homme m’a ordonné d’introduire ou d’avaler les 72 boules. Il m’a fourni un lubrifiant pour faciliter l’opération. Sans réfléchir, j’ai commencé à introduire quelques boules dans mon vagin à l’aide du lubrifiant, et ce, dans un lieu public à l’aéroport, un petit couloir situé derrière les cambistes, souvent utilisé par les passants pour uriner. C’est dans cette opération que j’ai constaté que j’ai commencé à saigner. J’ai alors dit à l’homme que je ne pouvais plus continuer car j’avais trop mal. Il m’a alors conseillé de dissimuler le reste dans mon collant et le reste dans mon sac, une fois à l’intérieur de l’aéroport. Je suis me retournée dans l’aéroport et j’ai passé le scanner sans être interceptée ». Cependant, tout ne vas pas se passer comme prévu. « Mais, prise de panique, mon sac est tombé. Une dame s’est approchée pour me demander si je n’allais pas bien. J’ai répondu : non ! Alors, elle m’a suggéré si j’ai quelque chose sur moi de lui remettre en m’assurant qu’elle ne me ferait aucun mal. Voulant désespérément me débarrasser de ce fardeau, je lui ai remis les boules que j’avais cachées dans mon collant, car je me sentais déjà mal à l’aise avec ça. J’ai sorti de mon collant ces boules pour remettre à l’agente. C’est à ce moment qu’un autre homme est intervenu, affirmant que le même produit se trouvait aussi dans mon sac à main parce que c’était emballé avec de l’aluminium. Ignorant encore la gravité de la situation, j’ai réclamé mon sac et mon portefeuille à l’agent pour ne pas rater mon vol. L’homme m’a alors répondu : si tu savais dans quoi tu t’es mise, tu n’agirais pas ainsi. On t’a arrêtée avec de la cocaïne. J’ai crié en disant que Khadija ne peut pas faire ça, car je ne savais pas que c’était de la cocaïne que je transportais. C’était mon deuxième voyage pour la Tunisie. Lors du premier, j’avais échoué à traverser vers l’Europe, et je ne voulais pas échouer cette fois-ci. Au lieu des 1 000 euros promis je n’ai trouvé que 350 euros après avoir compté l’argent dans le portefeuille. J’ai voulu aller en aventure en Europe à la recherche d’un avenir meilleur pour mon fils et ma famille », a-t-elle déclaré Dans la phase des réquisitions et plaidoiries, le représentant du ministère public a déclaré que l’accusée était une habituée des faits, et qu’elle a reconnu ce pour lequel elle est jugée. Il va requérir de la retenir dans les liens de la culpabilité. « Pour la répression, vous le condamnerez à 10 ans de réclusion criminelle et au paiement d’une amende de 500 millions de francs guinéens ». De son côté, l’avocat de la défense va demander au juge de ne pas suivre le ministère public dans ses réquisitions. Selon lui, il n’y avait pas de volonté dans cette affaire, vu que l’accusée s’est auto-déclarée à un agent de la police. Il a plaidé des circonstances atténuantes pour sa cliente en la condamnant au temps mis en prison. Pour sa propre défense, Marcelline Lamah a plaidé la clémence du tribunal et dit regretter son acte. Après avoir écouté les parties présentes, le tribunal a renvoyé le dossier au 4 février 2026 pour rendre sa décision. Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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