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Matam : Badra Koné dresse le bilan de son action et envisage une candidature aux élections communales

2026-03-25 - 09:32

La commune de Matam a vibré ce mardi 24 mars 2026 au rythme d’un exercice de redevabilité. Le président de la délégation spéciale, Ali Badra Koné, a procédé à la présentation du bilan de sa gestion, après plus d’une année à la tête de cette collectivité. Entouré de ses collaborateurs, il a exposé les acquis enregistrés, les difficultés rencontrées ainsi que les perspectives envisagées pour l’année 2026, avant de dévoiler son souhait de briguer la tête de la mairie à l’occasion des élections du 24 mai prochain. La cérémonie s’est tenue dans une maison des jeunes de Touguiwoundy pleine à craquer, a constaté sur place Guineematin.com à travers l’un de ses reporters. Après le discours d’ouverture prononcé par le vice-président de la délégation spéciale, les participants ont suivi la projection d’un film récapitulatif des actions menées. Prenant la parole, Ali Badra Koné a livré un exposé détaillé de son bilan, avant d’annoncer son intention de quitter ses fonctions afin de se présenter aux prochaines élections communales comme candidat pour la mairie de Matam. Interrogé sur l’opportunité de cette présentation de son bilan, M. Koné justifie ce timing par le calendrier électoral imminent. « Sachez que ce n’est pas la première fois que je me prête à cet exercice. Nous l’avons fait, je pense, il y a un an. Aujourd’hui, nous le faisons parce que nous n’aurons plus la possibilité de le faire après. Le mois d’avril prochain nous trouvera en campagne. Nous avons été installés le 23 avril, donc c’est exactement, je dirais, à la veille du début des campagnes. Et si nous nous portions candidats aujourd’hui, nous n’aurions plus la possibilité, après cette semaine, de le faire. C’est pourquoi nous avons fait des calculs très raisonnables pour nous mettre dans les délais. » Sur la question de sa participation aux prochaines élections communales, Ali Badra Koné affiche clairement ses intentions. « Mon ambition est de ne pas trahir la population de Matam. J’ai été deuxième maire de 2019 à 2022. De 2022 à 2023, j’ai été premier maire. Je suis parti à la fin de la mandature qui avait été confiée au conseil communal d’alors, dans un principe de respect des règles. Aujourd’hui, le ministre de l’Administration du territoire a fait une communication, à travers une lettre circulaire devenue virale sur les réseaux sociaux, interpellant tous les présidents de délégations spéciales, en leur indiquant la possibilité de se porter candidats, mais à condition de quitter leurs fonctions. Moi, je suis favorable à ce départ. Si je devais me porter candidat, ce serait en accord avec la population de Matam. Je pense que, dans les 48 heures, je me retrouverai avec la base et je vous dirai définitivement ce que nous allons faire », a-t-il fait savoir. Invité à résumer son bilan, le président de la délégation spéciale décline, estimant que chaque action mérite d’être relayée dans son intégralité. « Si je fais un résumé, ce serait trahir l’esprit du travail accompli à Matam. Je laisse le soin à la presse de prendre, extrait par extrait, ce qui lui convient afin de présenter ce travail. Je ne pourrais pas en citer quelques-uns et en laisser d’autres. » Malgré la présentation de ce bilan, certaines voix s’élèvent au sein de la commune pour dénoncer une mauvaise gestion. Des membres de mouvements et d’associations de jeunes de la commune s’opposent notamment à une éventuelle candidature d’Ali Badra Koné, qu’ils jugent inapte à diriger la commune. Face à ces critiques, Badra Koné explique que cela est de principe et en appelle au respect du débat démocratique. « Un groupe de personnes, ou même un seul citoyen assis derrière une caméra pour aligner quelques phrases, ne saurait remplacer le travail réalisé sur le terrain. Toutefois, la démocratie, c’est aussi cela : certains soutiennent, d’autres non. Mais pour trancher définitivement, si je soutiens un candidat et qu’un autre soutient un autre candidat, nous verrons sur le terrain qui l’emportera. » Autre point abordé lors de son exposé : la faiblesse de la mobilisation des ressources locales, un défi majeur pour les collectivités. « Cela est dû à plusieurs facteurs. Il y a un problème au niveau de l’État central. Certaines taxes sont mobilisées par les services des impôts. Or, les impôts relèvent de l’État. Et si ces ressources ne sont pas correctement reversées, cela impacte les communes. Je pense que la Constitution insiste sur la nécessité de procéder à ces transferts avant l’adoption du budget chaque année. Ce n’est donc pas un problème propre à Matam, mais une difficulté partagée par plusieurs communes de Conakry », a souligné le président de la délégation spéciale. En outre, Ali Badra Koné a réaffirmé sa disponibilité à briguer les suffrages des citoyens, tout en appelant à une compétition démocratique apaisée. « En dernier lieu, j’annonce mon engagement à répondre présent pour être candidat aux prochaines élections communales si les conditions sont réunies. Nous sommes en démocratie, personne n’est obligé. Pour le moment, nous nous préparons sur le terrain. Peu de candidats, je le précise, acceptent de s’afficher. Mais nous allons nous battre ensemble pour la suite. » Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com Tél. : 622 919 226

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