Meurtre de Mariam Touré dans les toilettes d’une mosquée à Conakry : Mohamed Sylla et Daouda Camara risquent la prison à vie
2026-02-27 - 09:45
Le procès de Dora Williams et de son groupe, accusés de viol suivi de meurtre sur la personne de Mariam Touré (âgée de 10 ans au moment des faits dans le quartier Kobaya), a connu son dernier virage avec les réquisitions et plaidoiries. A l’audience criminelle du tribunal de Dixinn, tenue ce jeudi 26 février 2026, le parquet a demandé la condamnation de certains des accusés à des peines allant de 5 ans à la réclusion criminelle à perpétuité. Pourtant, les accusés ont clamé leur innocence tout au long de la procédure, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters. C’est un fait divers qui avait suscité émoi et indignation après la découverte du corps de Mariam Touré, victime de viol et d’assassinat, retrouvée dans les toilettes d’une mosquée à Kobaya en 2022. L’audience du jour a été consacrée aux réquisitions et plaidoiries des parties au procès. Le ministère public, représenté par Yaya Fatoumata Boiro, a rappelé les faits qui ont conduit les accusés à la barre. « Vous avez devant vous des accusés nommés Mohamed Camara, Sékou Baga Bangoura, Alseny Conté, Mohamed Soumah, Mohamed Sylla et Dora Williams, tous poursuivis pour des faits de viol suivi de meurtre sur une mineure et pour des faits de complicité. Il y a eu un fait très grave qui s’est produit dans la journée du mercredi 29 juin 2022 au quartier Kobaya. À cette date, une personne anonyme a alerté le chef de quartier de la découverte du corps de la petite fille dans les toilettes d’une mosquée. Dès que le chef de quartier a été informé, il a alerté les officiers de police judiciaire. Ensemble, ils se sont rendus dans les toilettes de cette mosquée pour découvrir une scène d’horreur. Monsieur le Président, les images qui ont suivi cette découverte, qu’on ne peut pas regarder deux fois, en disent long sur la gravité des faits », a souligné le procureur. Suite à cette découverte macabre, une enquête a été ouverte. Il fallait identifier les personnes vivant avec la petite fille qui auraient pu en être les auteurs, poursuit le magistrat. « Dora Williams avait accepté de prendre la fille qui est l’enfant de son fils pour pouvoir lui donner une bonne éducation », a-t-il indiqué. Il a également rappelé que le jour où la petite Mariam a été retrouvée morte, sa grand-mère, Dora Williams, était à la maison et que c’est suite à sa commission que la fille est sortie et n’est jamais revenue. Il a fait savoir que l’enquête s’est orientée vers un groupe de jeunes se disant marabouts. « Ce groupe a été accueilli par la dame Dora Williams. À quelle fin ? À des fins de sorcellerie. Ce groupe a été interpellé et entendu. Tous ceux qui sont là devant vous se trouvaient effectivement dans la cour au moment des faits », a-t-il expliqué. En outre, Yaya Fatoumata Boiro a précisé que parmi les accusés, certains avaient fait des aveux librement. « Monsieur le Président, si vous prenez Mohamed Camara, il a indiqué que Dora Williams a exprimé l’envie d’être soignée ; il a ajouté qu’il avait dit à Dora Williams d’offrir sa petite-fille en sacrifice pour sa guérison. Ce qui est constant, c’est que Mariam Touré a été violée. Ce qui est constant, c’est qu’au moment des faits, ils étaient tous présents. Ce qui est constant, c’est que Mariam Touré a été étranglée », a-t-il indiqué. Par la suite, le procureur a requis les peines suivantes : la réclusion criminelle à perpétuité pour Mohamed Sylla et Daouda Camara pour viol et meurtre ; 30 ans de réclusion criminelle pour Dora Williams, la grand-mère de la fillette, pour complicité de meurtre ; 5 ans d’emprisonnement contre Alseny Conté et Mohamed Soumah pour omission de porter secours ; l’acquittement pour Mohamed Camara et Sékou Baga Bangoura. Lors des plaidoiries de la défense, l’avocat a rappelé qu’il est facile d’accuser, mais que le ministère public n’a présenté aucune preuve au tribunal. Pour lui, ses clients ne sont que des guérisseurs traditionnels. « Il est facile d’accuser. Ces accusés sont des guérisseurs traditionnels, ni plus ni moins. Pour exercer, ils sont obligés de se réunir dans un endroit pour des incantations. Dieu a voulu que le jour des faits, ils soient tous présents à la maison, cela n’a pas été contesté. Comment ces personnes, qui étaient en train de jouer devant tout le quartier, auraient-elles pu se transporter au même moment dans un autre lieu ? Ce qui est reproché à ces accusés n’est pas constant. Ils ne sont ni auteurs, ni complices de meurtre ou de viol. Nous vous demandons de déclarer la fin des poursuites contre ces accusés et de les acquitter parce qu’ils n’en sont pas responsables. » Pour leur propre défense, tous les accusés ont demandé la clémence du tribunal. L’affaire a été renvoyée au 26 mars 2026 pour le délibéré. Yayé Oumou Barry pour Guineematin.com