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Migration : l’UE valide des “hubs de retour” pour accélérer les expulsions

2026-03-27 - 11:12

Le Parlement européen a donné son feu vert hier, jeudi 26 mars 2026, pour la mise en place de centres dits de “retour”, destinés à accueillir des migrants en situation irrégulière en attendant leur expulsion vers leur pays d’origine. Cette mesure, présentée comme un levier pour améliorer l’efficacité des expulsions, suscite déjà de vives critiques de la part d’organisations de défense des droits humains. Les “hubs de retour” sont des structures qui pourraient être installées dans des pays tiers, en dehors de l’Union européenne, afin d’y transférer des migrants dont la demande d’asile a été rejetée ou qui n’ont pas le droit de rester sur le territoire européen. Ces centres serviraient de lieux de transit dans l’attente de leur rapatriement effectif. L’objectif affiché par Bruxelles est de remédier à la faiblesse du taux de retour des migrants en situation irrégulière. Selon le parlement européen, seule une minorité (20%) des personnes faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire européen est effectivement renvoyée dans son pays d’origine, ce qui alimente la pression migratoire et la saturation des dispositifs d’accueil. Plusieurs pays européens, notamment l’Allemagne, la Grèce, les Pays-Bas, l’Autriche et le Danemark, ont déjà engagé des discussions pour concrétiser la mise en place de ces centres dans des pays partenaires, principalement en Afrique ou dans les Balkans. Les autorités européennes présentent cette initiative comme une solution pragmatique pour accélérer les procédures d’expulsion et dissuader les arrivées irrégulières sur le continent. Dans un post sur le réseau social X, la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, s’est réjoui d’une étape importante vers “une plus grande efficacité des rapatriements” “Le Parlement européen a approuvé les nouvelles règles de rapatriement : l’Europe avance enfin dans la bonne direction, sur une voie que l’Italie a fortement soutenue. Les centres de retour élargissent le champ d’application de l’identification d’un pays de rapatriement pour les immigrants en situation irrégulière, incluant non seulement leurs pays d’origine, mais aussi des pays tiers. Il s’agit d’une étape importante vers une plus grande efficacité des rapatriements, un renforcement des contrôles aux frontières et, enfin, une politique migratoire plus crédible pour l’Europe”, a-t-elle écrit. Des inquiétudes sur le respect des droits fondamentaux La mesure est toutefois vivement contestée par des organisations humanitaires et certaines institutions européennes. Celles-ci redoutent que ces centres, situés en dehors du territoire de l’Union, ne deviennent des zones où le contrôle juridictionnel et le respect des droits fondamentaux seraient plus difficiles à garantir. L’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne a d’ailleurs rappelé que ces structures ne doivent en aucun cas devenir des espaces échappant aux obligations européennes en matière de protection des migrants et de droit international. La création des hubs de retour s’inscrit dans le cadre plus large de la réforme du système européen de migration et d’asile, qui vise à renforcer le contrôle des frontières extérieures et à harmoniser les politiques d’expulsion au sein des États membres. Selon plusieurs observateurs, cette évolution reflète une volonté croissante des gouvernements européens de durcir leur approche face à la migration irrégulière, sous la pression des opinions publiques et de la montée des partis favorables à des politiques migratoires plus restrictives. Un projet encore soumis à des étapes politiques et juridiques Bien que la Commission européenne ait validé le principe des hubs de retour, leur mise en œuvre concrète dépendra d’accords bilatéraux avec des pays tiers ainsi que de l’adoption définitive des textes législatifs par le Parlement européen et les États membres. En attendant, ce projet, qui marque une inflexion majeure dans la gestion européenne des migrations, devrait continuer d’alimenter le débat entre impératifs de contrôle des flux migratoires et respect des engagements humanitaires de l’Union européenne. Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com Tél : 622 97 27 22

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