TheGuineaTime

Minerais critiques : les États-Unis veulent rebattre les cartes du marché mondial pour moins dépendre de la Chine

2026-02-04 - 17:57

« Je n’ai pas besoin d’expliquer à qui que ce soit ici que les minéraux critiques sont essentiels aux appareils que nous utilisons quotidiennement... Notre objectif est de disposer d’un marché mondial sûr, d’un approvisionnement mondial durable et accessible à tous, à tous les pays, à un prix abordable », précise Marco Rubio, le secrétaire d’Etat américain. Comme annoncé précédemment, un sommet de haut niveau consacré aux minerais critiques se tient ce mercredi, 4 février 2026, à Washington (aux États-Unis). Organisée par le département d’État américain, cette rencontre réunit des délégations de plus de 50 pays, dont la Guinée, la République démocratique du Congo et le Kenya, trois États africains disposant d’un fort potentiel minier. À l’ouverture des travaux, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a rassuré que l’objectif principal de cette réunion est de promouvoir la mise en place d’un marché mondial sûr, fondé sur un approvisionnement durable, accessible et à des prix abordables pour l’ensemble des partenaires. « J’espère que notre présence ici aujourd’hui constitue une première étape importante pour rassembler nos talents collectifs en matière d’innovation, domaine où notre avantage sur nos concurrents n’a fait que croître, et pour les appliquer à la relance de la production manufacturière et à la réouverture des mines ici aux États-Unis, mais aussi dans tous les pays partenaires représentés ici aujourd’hui... Je n’ai pas besoin d’expliquer à qui que ce soit ici que les minéraux critiques sont essentiels aux appareils que nous utilisons quotidiennement. Ils alimentent nos infrastructures, notre industrie et notre défense nationale. Notre objectif est de disposer d’un marché mondial sûr, d’un approvisionnement mondial durable et accessible à tous, à tous les pays, à un prix abordable », a-t-il rassuré. À travers ce sommet, l’administration Trump entend renforcer la coopération internationale afin de sécuriser, diversifier et rendre plus résilientes les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques. Ces ressources sont considérées comme indispensables à la fabrication de technologies modernes et au développement d’infrastructures stratégiques. Selon le chef de la diplomatie américaine, les mécanismes envisagés visent à créer des sources d’approvisionnement alternatives et à protéger l’ensemble de la chaîne de production contre les perturbations non liées aux dynamiques du marché. « Ces cadres sont conçus pour créer des sources d’approvisionnement alternatives et pour protéger chaque étape de la production contre les perturbations non liées au marché. Ils fourniront des plateformes pour coordonner les politiques afin de garantir à tous nos citoyens un accès abondant et abordable à ces minéraux essentiels... Cette initiative dont nous parlons aujourd’hui a peut-être été lancée par nous, mais elle n’est pas uniquement américaine. Il s’agit d’une initiative internationale, mondiale, regroupant des pays partageant les mêmes valeurs et un objectif commun », a souligné le secrétaire d’Etat américain. Les minerais critiques regroupent un large éventail d’éléments indispensables à la production de téléphones intelligents, de panneaux solaires, de batteries de véhicules électriques, de semi-conducteurs, de moteurs à réaction, de satellites, ainsi que d’engrais et d’équipements industriels. Le sommet de Washington vise notamment à renforcer un cadre mondial permettant aux États-Unis d’accéder plus facilement et plus rapidement à ces ressources stratégiques. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une forte dépendance américaine vis-à-vis de la Chine pour certains minerais critiques. Les terres rares et autres ressources stratégiques constituent en effet des composantes essentielles de l’économie américaine, en particulier pour le secteur technologique, devenu l’un des principaux moteurs de croissance. Selon l’USGS, les États-Unis importent environ 80 % des terres rares qu’ils consomment, dont près de la moitié proviennent de Chine, laquelle contrôle près de 70 % de l’extraction mondiale et environ 90 % des capacités de raffinage. Au-delà des seules terres rares, Pékin assure également plus de 60 % des importations américaines pour plusieurs autres minéraux classés comme critiques. Cette situation alimente les préoccupations de Washington, qui voit dans la diversification de ses partenaires et de ses sources d’approvisionnement un levier stratégique pour réduire les vulnérabilités économiques et industrielles dans un contexte de rivalités commerciales et technologiques croissantes entre les deux premières puissances mondiales. Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com Tel : 622 97 27 22

Share this post: