Ministère des hydrocarbures : « La performance, la redevabilité et la qualité du service ne sont plus négociables », prévient Aboubacar Camara
2026-02-06 - 17:08
La cérémonie d’installation du ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures a eu lieu ce vendredi, 7 février 2026, sous la présidence de Tamba Benoît Kamano, ministre secrétaire général du Gouvernement. Aboubacar Camara a pris fonction avec la pleine mesure de la lourde responsabilité qui lui incombe à la tête de ce département. Il a aussi livré une feuille de route ambitieuse axée sur la réforme, la performance et la souveraineté nationale dans les secteurs clés de l’eau, de l’assainissement, du gaz et des hydrocarbures, a constaté Guineematin.com à travers une de ses équipes de reportage. Le ministère de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures est un département aux responsabilités transversales, dont l’impact touche directement la qualité de vie des populations et la stabilité sociale. Conscient de cette réalité, le ministre Aboubacar Camara a rappelé que les secteurs qui lui sont confiés relèvent de l’essence même de la dignité humaine. « L’eau, l’assainissement et l’énergie ne sont pas de simples lignes budgétaires : ils constituent des droits fondamentaux, des leviers de justice sociale et des facteurs de stabilité nationale. Les attentes des populations sont légitimes, nos réponses doivent être concrètes, rapides et durables. Dans le secteur de l’eau, nous devons accélérer sans délai la mise en œuvre du quatrième projet Eau, consolider les acquis dans les sept capitales régionales et apporter des réponses adaptées à des villes comme Fria, Koubia et Beyla, qui ne peuvent rester en marge de l’effort national. Mais au-delà des projets, c’est la gouvernance même du secteur de l’eau qui doit évoluer. Nous devons également repenser le financement du secteur de l’eau avec lucidité et pragmatisme. Pendant trop longtemps, nous avons perdu un temps précieux dans des mémorandums d’entente sans issue avec certains partenaires. Cette phase doit désormais être dépassée. Il est temps d’ouvrir une nouvelle séquence fondée sur la mobilisation des capacités financières nationales. Nous devons travailler étroitement avec les banques locales afin de structurer des mécanismes d’investissement domestiques, adossés à des garanties de l’État. Le développement du secteur de l’eau ne peut plus dépendre exclusivement de financements extérieurs incertains ; il doit aussi reposer sur la confiance dans notre propre système financier. J’en appelle ici, avec clarté et responsabilité : la Société des Eaux de Guinée doit se retrouver avec elle-même. Elle doit sortir des sentiers battus, rompre avec les approches routinières et avancer avec une vision claire, structurée et strictement adossée à la mission que le Département lui aura confiée. La performance, la redevabilité et la qualité du service ne sont plus négociables. Dans cette même dynamique, le Fonds Hydraulique doit changer d’échelle. Les apports doivent être renforcés, les mécanismes consolidés et les priorités mieux ciblées. Avec l’adoption du nouveau Code de l’eau, nous sommes appelés à un véritable changement de paradigme : passer d’une logique de projets dispersés à une logique systémique, durable et équitable », a-t-il expliqué. S’agissant du secteur gazier, Aboubacar Camara a insisté sur l’urgence d’inaugurer l’usine de Konta afin de rendre effectif l’accès au gaz domestique pour les ménages guinéens. Il a aussi salué la vision stratégique du président de la République ainsi que les efforts de la Direction de FAP GAZ. Toutefois, il a dénoncé les ruptures de stock récurrentes, jugées incompatibles avec les ambitions du pays en matière de protection de l’environnement et de transition énergétique. « Grâce à la vision stratégique du Président de la République et au travail remarquable de la Direction de FAP GAZ, notre pays s’est doté de l’une des plus importantes unités industrielles de la sous-région. Nous ne pouvons plus accepter qu’un produit dont nous encourageons l’utilisation pour préserver notre environnement puisse connaître des ruptures de stock. Le Fonds GAZ doit permettre la mise en place, sur l’ensemble du territoire national, de centres emplisseurs capables de sécuriser durablement l’approvisionnement du pays en gaz domestique. Dans le secteur des hydrocarbures, nous devons également accélérer nos efforts en matière de recherche et d’exploration. Je le dis avec conviction : Dieu aime ce pays. Il ne peut pas nous priver de ressources pétrolières. Elles existent, quelque part dans notre sous-sol ou dans nos bassins. Notre responsabilité est de les chercher, de les comprendre et de révéler ce potentiel au service du développement national », a-t-il martelé. En outre, Aboubacar Camara a mis un accent particulier sur la problématique de l’assainissement, qu’il a qualifiée de défi structurel national. Il a rappelé que ce chantier ne saurait être mené sans l’implication de tous les acteurs, y compris les collectivités, les communautés et les citoyens. « En matière d’assainissement, notre action sera ferme, déterminée, mais toujours accompagnée d’un dialogue social responsable. Des pratiques contraires à l’intérêt collectif se sont installées pendant des décennies. Nous faisons aujourd’hui face à un défi structurel national. Il nous faudra innover, engager des réformes courageuses et les déployer sur l’ensemble du territoire », a-t-il indiqué. Yayé Oumou Barry et Thierno Hamidou Barry, pour Guineematin.com