N’Fa Ousmane jugé pour harcèlement sexuel à Forécariah : « Il est entré par la fenêtre, il avait un couteau »
2026-02-25 - 08:34
Placé en détention depuis bientôt 3 mois, N’Fa Ousmane Kaba a comparu ce mardi, 24 février 2026, devant le tribunal correctionnel de Forécariah. Il est poursuivi pour des faits de harcèlement sexuel au préjudice de Salématou Soumah. À la barre, le prévenu, mécanicien domicilié à Moussaya et se présentant également comme guérisseur, a rejeté en bloc les accusations portées contre lui. Selon sa version, ses visites au domicile de la plaignante se faisaient à l’invitation de cette dernière, avec qui il affirme entretenir une relation amicale. Le procureur évoque un certain doute et requiert la relaxe pure et simple, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters. « C’est ma copine. Quand son mari n’est pas là, elle m’appelle. Il n’y a jamais eu de relation entre nous », a déclaré N’Fa Ousmane Kaba à la barre. Il explique s’être rendu chez Salématou pour des affaires liées à des médicaments traditionnels. « Mon papa m’a laissé quelques secrets... J’ai cherché des médicaments pour la femme, mon numéro, je l’ai laissé sur la porte. Quand j’ai le temps, je vais travailler. Cette femme m’a appelé une fois. La deuxième fois, je suis allé à 2h du matin. Lorsque je quittais mon travail, à 0h, elle m’a appelé. Elle m’a dit : à n’importe quelle heure je veux te voir. Lorsque je suis arrivé, j’ai frappé à la porte... Je suis resté à la porte, personne ne m’a pourchassé. Mais, c’est ma copine. Toutefois, il n’y a jamais eu de relation entre nous. Quand son mari n’est pas là, elle m’appelle », déclare-t-il. Les faits, opposent toutefois deux versions radicalement différentes. La plaignante, domiciliée à Dembaya, conteste fermement les propos du prévenu. Elle affirme que ce dernier se serait rendu à plusieurs reprises chez elle, sans son consentement, parfois tard dans la nuit, allant jusqu’à pénétrer dans son domicile par la fenêtre, muni d’un couteau. « Il va chez moi. La première fois, il est parti, il a tiré ma fenêtre. La deuxième fois, il est venu, mon mari était là-bas. Il est reparti. La troisième fois, il est venu, la grande sœur de mon mari et moi, on était ensemble... Il est venu entrer par la fenêtre, il avait un couteau. Je l’ai attrapé et j’ai crié... Mais, ce n’est pas mon copain. Il ne m’appelle pas, moi non plus. On ne se connaît pas, mais on se voit puisqu’on est dans le même quartier. Il y a deux maisons entre nous. Il est rentré chez moi sans mon consentement ; donc, je peux dire qu’il voulait me toucher », accuse-t-elle. Dans ses réquisitions, le ministère public, représenté par Alpha Bacar Cissé, a sollicité le renvoi du prévenu des fins de la poursuite au bénéfice du doute. Selon le parquet, les éléments constitutifs de l’infraction de harcèlement sexuel ne seraient pas suffisamment établis, évoquant une confusion dans les déclarations de la victime quant aux intentions réelles du prévenu. Au terme des débats, mais aussi des réquisitions et plaidoiries, le président du tribunal a renvoyé l’affaire au 3 mars 2026 pour le prononcé de la décision finale. Le prévenu, en détention depuis le 1er décembre 2025, est reparti en prison. Ismaël Diallo pour Guineematin.com