TheGuineaTime

« Ne jeûnez pas 30 jours pour désobéir le jour de l’Aïd » : La mise en garde d’un imam de Conakry

2026-03-19 - 17:32

À la veille de la fête de Ramadan (ou Eid al-Fitr), les salons de coiffure de Conakry connaissent une affluence inhabituelle. De nombreuses femmes s’y rendent pour se faire belles en perspective de la célébration de cette grande fête musulmane. Parmi les pratiques les plus répandues figure la pose de mèches ou de fils destinés à rallonger et embellir la chevelure. Mais cette tendance, très populaire, suscite aussi des interrogations d’ordre religieux. Le port de mèches après un mois de jeûne est-il conforme aux prescriptions islamiques ? Pour répondre à cette question, Guineematin.com est allé à la rencontre du grand imam de la mosquée de Bambéto, Elhadj Mamadou Saïdou Diallo. Sans détour, ce guide religieux a appelé les femmes musulmanes à faire preuve de retenue et de crainte de Dieu, particulièrement à l’issue du mois de Ramadan. Selon lui, le mois de Ramadan doit laisser une empreinte durable sur le comportement du croyant. « L’Islam a des préceptes qu’il recommande, mais également des interdits à l’égard du croyant. Il est du devoir de ce dernier de savoir ce qu’il doit faire ou non. Une femme musulmane doit se comporter comme une vraie croyante. Si vous regardez dans les recueils de Boukhari et Muslim, le Prophète (PSL) a dit que Dieu a maudit l’homme qui s’apparente aux femmes, et de même, il a maudit les femmes qui s’apparentent aux hommes. Le Prophète a également dit qu’il y a deux catégories de personnes qui n’entreront pas au paradis : la première concerne les gens qui tiennent des fouets ressemblant à des queues de vache et qui frappent les gens avec. La seconde concerne les femmes habillées mais nues ; elles sont égarées et égarent les autres. Elles portent des habits serrés qui tracent tous les contours du corps, et leurs têtes ressemblent à des bosses de chameaux. Nous voyons ce que les femmes mettent sur leurs têtes aujourd’hui ; elles doivent faire attention à cela. Le Prophète a dit que si ces femmes ne se repentent pas, elles n’entreront pas au paradis, elles n’en sentiront même pas l’odeur », a-t-il expliqué. Au-delà de la responsabilité individuelle des femmes, l’imam a insisté sur le rôle des hommes dans l’éducation religieuse au sein du foyer. Selon lui, la responsabilité parentale et conjugale est engagée lorsque des pratiques jugées contraires aux prescriptions religieuses sont tolérées à la maison. « Une femme est soit la fille de quelqu’un, soit l’épouse de quelqu’un. Elle s’habille dans la maison de son père ou dans celle de son mari avant de sortir maquillée ou avec des coiffures qui ressemblent à des bosses de chameaux », a-t-il souligné. S’appuyant sur le verset coranique appelant les croyants à protéger leurs familles du châtiment divin, il a mis en garde contre la négligence dans la transmission des valeurs religieuses. « Si toi, tu es dans l’adoration à un haut niveau, mais que tu ne te soucies pas de tes femmes et de tes filles, penses-tu être sauvé ? Sache que tu ne l’es pas. Si tu es le seul sauvé et non les membres de la famille dont tu es responsable, alors tu as échoué. Chacun est responsable de quelque chose. Que chacun fasse connaître la religion à sa famille. C’est pour cela que le Prophète (PSL) nous a recommandé d’éduquer nos enfants, de leur apprendre l’Islam et l’obéissance à Dieu. Vous verrez ici un père de famille qui pratique tout ce que l’Islam prescrit, mais qui laisse ses filles et ses femmes à leur propre sort : elles ne prient pas, s’habillent comme elles veulent et vont où bon leur semble sous le regard du père. C’est dangereux. On ne doit pas voir un homme musulman et trouver en lui un non-croyant. Normalement, dès qu’on voit une musulmane, on doit savoir qu’elle l’est. Aujourd’hui, c’est dans nos propres maisons que nos enfants s’habillent de façon extravagante. C’est dans nos concessions qu’elles se tressent avec des mèches, ou bien elles reviennent du salon et vous acceptez cela. Toi qui les nourris matin, midi et soir, sache que la mission qui t’est confiée représente un énorme danger si tu faillis », avertit ce prédicateur. Interrogé sur la tenue vestimentaire appropriée pour participer à la prière collective de l’Aïd, l’imam a rappelé que la décence et la pudeur constituent des principes fondamentaux en islam. Il précise aussi que la fête de l’Aïd ne doit pas être perçue uniquement comme un moment de réjouissance, mais aussi comme la continuité d’un cheminement spirituel amorcé pendant le Ramadan. « Les femmes doivent s’habiller correctement avec des habits qui couvrent tout le corps. Les seules parties pouvant rester visibles sont les mains et le visage, car cela est tolérable ; sinon, même la voix de la femme peut être une tentation. Si la femme porte les habits que l’Islam autorise, elle sera respectée partout où elle ira. Qu’elle s’habille donc décemment pour aller à la prière et écouter le sermon. Il ne faut pas jeûner 29 ou 30 jours pour recommencer à désobéir à Dieu le jour même de la fête. Sinon, cela voudrait dire que le Ramadan n’a eu aucun effet sur la personne », a souligné Elhadj Mamadou Saïdou Diallo. Yayé Oumou Barry et Thierno Hamidou Barry pour Guineematin.com

Share this post: