Oustaz Mamadou Oury Barry sur la La Zakat al-Fitr : « Elle est le symbole d’un islam qui purifie les cœurs, élève les âmes »
2026-03-18 - 13:13
La communauté musulmane de Guinée, à l’instar de ses coreligionnaires à travers le monde, s’apprête à tourner la page du mois sacré de Ramadan, période de jeûne, de piété et de profonde élévation spirituelle. À l’approche de l’Aïd el-Fitr, un acte religieux majeur s’impose à tout fidèle disposant de moyens : la Zakat al-Fitr, une aumône obligatoire destinée à purifier le jeûne de toute imperfection et à renforcer les liens de solidarité envers les plus démunis. Dans un contexte où de nombreuses interrogations persistent quant à ses modalités d’acquittement, son montant ou encore ses bénéficiaires, Guineematin.com est allé à la rencontre de l’imam et chroniqueur islamique, Oustaz Mamadou Oury Barry, ce mercredi 18 mars 2026, afin d’apporter des éclairages précis et accessibles à l’ensemble des fidèles. « La Zakat al-Fitr est une aumône obligatoire que chaque musulman doit verser à la fin du mois de Ramadan, avant la prière de l’Aïd. Elle constitue à la fois une purification du jeûne et un acte de solidarité envers les plus démunis, afin que personne ne soit privé de la joie de l’Aïd. Le Prophète (psl) a dit : elle purifie le jeûneur des paroles futiles et nourrit les pauvres », a-t-il expliqué. À l’heure où les préparatifs de la fête s’intensifient, la Zakat al-Fitr apparaît ainsi comme un pilier incontournable de cette fin de Ramadan. Au-delà de sa dimension rituelle, elle incarne un puissant levier de cohésion sociale, permettant à chaque musulman, y compris les plus vulnérables, de vivre pleinement la joie de l’Aïd dans la dignité et le partage. « Elle a été instituée par le Prophète (psl) comme un devoir religieux. Mais au-delà de son caractère obligatoire, elle reflète l’essence même de l’islam : une foi qui unit l’adoration d’Allah à la responsabilité sociale. Elle est due par tout musulman qui dispose du minimum nécessaire pour vivre le jour et la nuit de l’Aïd. Le chef de famille doit s’en acquitter pour lui-même et pour tous ceux qui sont à sa charge, notamment les enfants. Son montant correspond à une mesure prophétique appelée sā‘, soit environ 2,5 à 3 kg, mais la plus répandue est 2,5 kg de nourriture de base (riz, mil, blé...). Ce standard garantit que l’aide apportée soit concrète et utile pour les bénéficiaires », a-t-il laissé entendre. A la question de savoir s’il est possible de payer cette Zakat en argent, l’imam indique qu’il y a des divergences. « La question fait l’objet d’une divergence entre les savants. L’avis majoritaire reste fidèle à la distribution en denrées alimentaires. Toutefois, certains permettent le paiement en argent si cela répond mieux aux besoins des pauvres dans un contexte donné », a-t-il confié. Quant au moment idéal pour s’acquitter de la Zakat et aux bénéficiaires de ce pilier, Oustaz Mamadou Oury Barry rappelle l’importance du respect du temps indiqué. « Le moment idéal se situe entre la veille de l’Aïd et avant la prière. Il est également permis de la verser un ou deux jours à l’avance. Après la prière de l’Aïd, elle perd son statut spécifique et devient une simple aumône. Elle est principalement destinée aux pauvres et aux nécessiteux, afin de leur garantir dignité et sérénité le jour de l’Aïd », a-t-il précisé. Au-delà des règles pratiques, l’imam insiste sur la portée sociale et morale de la Zakat al-Fitr. « La Zakat al-Fitr est un puissant mécanisme de justice sociale. Elle réduit les inégalités, renforce les liens entre les membres de la société et rappelle que la richesse est une responsabilité, non un privilège absolu. Je conseille aux fidèles de ne pas retarder cet acte important, de l’accomplir avec sincérité et conscience, et de multiplier les gestes de générosité. L’Aïd ne doit pas être seulement une fête, mais un moment de gratitude, de pardon et de rapprochement avec Allah. La Zakat al-Fitr est bien plus qu’un simple don : elle est le symbole d’un islam qui purifie les cœurs, élève les âmes et construit une société fondée sur la solidarité, la dignité et la miséricorde », a-t-il dit. Yayé Oumou Barry pour Guineematin.com