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Père Alexandre Loua : « Il n’est pas obligatoire de se priver de nourriture pendant le carême »

2026-02-10 - 09:47

Le 18 février 2026, les fidèles catholiques du monde vont entamer le carême. Quarante jours qui seront marqués par la prière, le jeûne et le partage en préparation de la fête de Pâques. À une dizaine de jours du début de cette période forte de la vie chrétienne, les préparatifs vont bon train au sein de la communauté catholique de Guinée. Et c’est dans ce cadre que le Père Alexandre Loua, administrateur de la paroisse Saint-Cyprien de Dixinn, a accordé un entretien à Guineematin.com ce lundi 9 février. Il a apporté des éclairages sur le sens, les fondements et les exigences du carême. Selon le prêtre, le carême s’enracine profondément dans l’histoire biblique et la tradition chrétienne. « Le carême trouve son origine dans la Bible, dans la tradition de l’Église et dans la vie des premières communautés chrétiennes. En parlant de fondement biblique, nous savons que Jésus a passé 40 jours, 40 nuits dans le désert sans rien manger. Moïse l’a fait, le prophète Élie aussi. Donc, tant de prophètes ont fait cette expérience, pour vivre leur lien avec Dieu avant de se lancer dans leur mission. Et dans la tradition de l’Église, au deuxième et au troisième siècle, les chrétiens manifestaient cet élan-là, se préparer à travers le jeun, la prière et l’aumône pour préparer Pâques. Donc, c’est un chemin de purification, de conversion, de changement en vue de nous rapprocher de Dieu et de nos frères », a-t-il expliqué. Le carême dure 40 jours. Pour l’Église catholique, il symbolise un véritable chemin intérieur, tourné vers la purification et la conversion. Mais le Père Alexandre Loua précise qu’il n’est pas obligatoire de se priver de nourriture durant cette période comme le font les musulmans pendant le ramadan. « Ce qui est demandé aux chrétiens, c’est trois choses : prières, partage et pénitence, les trois P. La pénitence est marquée souvent par le jeûne, et ça peut commencer à n’importe quelle heure. Tu choisis toi-même, selon ton effort, ce que tu peux t’imposer, ce dont tu peux te priver. Donc, le jeûne sur lequel les gens mettent trop l’accent n’est pas lié seulement qu’à la nourriture. Ça peut être un mauvais comportement dont tu veux te séparer. Un fumeur par exemple peut dire : cette fois-ici, je prends la décision de ne plus fumer. Et il fait l’effort d’abandonner cette pratique. C’est pourquoi, pour commencer le carême, il faut avoir un objectif, si tu n’as pas d’objectif, ce que tu ne fais rien », a-t-il fait savoir. Pour bien vivre le carême, les préparatifs sont avant tout spirituels. C’est pourquoi le prêtre invite chaque fidèle à faire un examen personnel et à identifier l’axe sur lequel il souhaite s’engager davantage. « Il revient à chacun de discerner le domaine dans lequel il est le moins fidèle, afin d’y concentrer ses efforts », a dit le Père Alexandre Loua, tout en soulignant qu’il est cependant obligatoire de jeûner le premier jour du carême. « Tout chrétien a l’obligation de jeûner le 18 février, les textes de l’Église sont clairs à ce sujet ». Hadja Saran DIAKITÉ pour Guineematin.com

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