Pétrole, gaz, dollar : la guerre au Moyen-Orient secoue l’économie mondiale
2026-03-14 - 13:55
Quinze jours après le début de la guerre au Moyen-Orient, provoquée par les frappes israélo-américaines contre l’Iran, les marchés mondiaux continuent de subir de fortes secousses. L’énergie, les devises et les taux d’intérêt enregistrent des mouvements brutaux, conséquences directes de la nervosité des investisseurs face à un conflit qui paralyse les grandes routes d’approvisionnement énergétique. La hausse la plus spectaculaire concerne le pétrole. Le baril de Brent, référence internationale, a terminé vendredi pour la deuxième séance consécutive au-dessus de la barre symbolique des 100 dollars. Depuis le début du conflit, son prix a bondi de plus de 42 %, passant de 72,48 dollars le 27 février à 103,14 dollars vendredi à la clôture. De son côté, le baril de WTI, le pétrole américain, a connu une hausse de plus de 47 % depuis le début de la guerre, s’établissant à 98,71 dollars. Cette flambée s’explique en grande partie par les tensions dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ 20 % de la production mondiale d’hydrocarbures. L’Iran en bloque actuellement l’accès, accentuant les craintes d’une rupture d’approvisionnement. Face à cette situation, Donald Trump a annoncé vendredi soir que la marine américaine allait commencer « très bientôt » à escorter des pétroliers dans la zone afin de sécuriser les flux énergétiques. Si la hausse du pétrole retient l’attention, certains industriels s’inquiètent davantage de la flambée des prix du gaz. Le contrat TTF néerlandais, référence du marché européen, a atteint lundi 69,50 euros, son niveau le plus élevé depuis janvier 2023. « Pour l’instant, ça tient, mais cela ne pourra pas durer éternellement », a averti vendredi sur BFMTV le ministre français délégué à l’Industrie, Sébastien Martin. Sur les marchés financiers aussi, la guerre au Moyen-Orient suscite une forte aversion au risque. Dans ce contexte, les investisseurs se tournent massivement vers le dollar, considéré comme la valeur refuge dominante. Vendredi, le billet vert s’est encore renforcé, gagnant 0,83 % face à l’euro, à 1,1417 dollar pour un euro, son plus haut niveau depuis le mois d’août dernier. Il s’est également apprécié de 0,87 % face à la livre sterling, à 1,3230 dollar. Cette nervosité se reflète aussi dans les marchés obligataires européens. Le taux d’emprunt allemand à dix ans, référence en Europe, a atteint 2,98 %, son plus haut niveau depuis fin 2023. En France, le taux à dix ans s’établissait à 3,67 %, un sommet depuis 2011, alors qu’il évoluait autour de 3,20 % avant le début de la guerre. Dans ce climat d’incertitude, les prochaines réunions des grandes banques centrales seront particulièrement scrutées. Les investisseurs attendent la décision de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi prochain, qui sera précédée la veille par celle de la Réserve fédérale américaine (Fed). Fait plus surprenant : malgré le contexte géopolitique tendu, l’or ne profite pas de son statut traditionnel de valeur refuge. Depuis le début de la guerre, le métal précieux a perdu environ 4,4 %. Vendredi, l’once d’or s’échangeait autour de 5 018,67 dollars, contre 5 171,74 dollars une semaine plus tôt. L’argent, autre actif défensif prisé en période d’incertitude, a chuté encore plus fortement, avec une baisse d’environ 15 % depuis le début du conflit. La guerre au Moyen-Orient agit ainsi comme un puissant choc énergétique et financier. Si la crise devait s’inscrire dans la durée, ses conséquences pourraient rapidement se transmettre à l’économie réelle, en ravivant l’inflation et en pesant sur la croissance mondiale. Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com