Politique générale du gouvernement : l’agriculture et l’éducation au cœur des priorités de Bah Oury
2026-03-26 - 10:12
Le Premier ministre, chef du gouvernement, Bah Oury, a présenté ce mercredi 25 mars 2026, devant le Conseil national de la transition (CNT), la politique générale du gouvernement de la 5e République. Très attendu, ce discours a permis au chef de l’exécutif de décliner les principaux axes de son action, avec un accent particulier sur deux secteurs jugés stratégiques pour le développement du pays : l’agriculture et l’éducation, a constaté sur place Guineematin.com à travers l’un de ses reporters. Dans son intervention, le Premier ministre a d’abord détaillé la vision du gouvernement pour le développement agricole, présentée comme un moteur essentiel de la croissance économique et de la sécurité alimentaire. Il a annoncé un vaste programme comprenant 32 mégaprojets et 10 réformes dans les domaines de l’agriculture, de l’industrie alimentaire et du commerce, pour un volume d’investissements estimé à 65 milliards de dollars. Selon lui, cette orientation s’inscrit dans la continuité des acquis déjà enregistrés. En effet, 45 000 promoteurs agricoles ont été accompagnés, dont 60 % de femmes. Par ailleurs, 298,5 milliards de francs guinéens ont été mobilisés via le Fonds de développement agricole (FODA) et le Programme de développement de l’agriculture commerciale en Guinée (PDACG), en complément de 500 millions de dollars dédiés à vingt projets et programmes. Le chef du gouvernement a précisé que les politiques publiques issues de ce pilier viseront notamment la modernisation durable de l’agriculture, la sécurisation du foncier, la poursuite de la mécanisation, la relance des rizeries, la réduction des pertes post-récolte et l’organisation des filières d’exportation. L’objectif affiché est de faire émerger une agro-industrie capable de nourrir le pays, de soutenir les revenus ruraux et d’approvisionner les marchés régionaux. Poursuivant son propos, le Premier ministre a indiqué que cette politique agricole intègre plusieurs recommandations formulées par les conseillers nationaux. Parmi celles-ci figurent la réalisation de 10 000 kilomètres de pistes rurales à l’horizon 2030, l’équipement progressif des sous-préfectures à fort potentiel agricole et la relance des unités de transformation locale. Abordant le second axe majeur de son programme, Bah Oury a mis en avant l’importance de l’éducation et de la culture dans la construction d’un capital humain compétitif. Il a annoncé 13 mégaprojets et 5 réformes dans ce secteur, pour un volume d’investissements de 40 milliards de dollars. Le plan gouvernemental prévoit notamment l’affectation de 20 % des recettes de la Compagnie du TransGuinéen (CTG) et de 5 % des revenus miniers à l’éducation. Il inclut également la construction d’universités régionales, le développement des programmes de bourses et le renforcement du transfert de compétences. Le Premier ministre a rappelé certains acquis, dont la revalorisation de la bourse étudiante -passée de 100 000 à 500 000 GNF-, l’adoption de la politique nationale de recherche et d’innovation, la création d’une agence nationale de financement et de valorisation, ainsi que l’augmentation du taux de publications scientifiques en revues internationales. Dans l’enseignement technique et professionnel, des écoles régionales d’arts et métiers (ERAM) ont été ouvertes, des formateurs recrutés et la digitalisation des concours et de la gestion des stages engagée. Enfin, le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité d’adapter la formation aux besoins réels de l’économie nationale. Il a souligné l’importance de former des ingénieurs, techniciens, chercheurs et entrepreneurs, mais aussi des créateurs et acteurs culturels capables de contribuer au rayonnement du pays. Dans cette dynamique, une attention particulière sera accordée à l’insertion socioprofessionnelle des jeunes à travers l’apprentissage, l’entrepreneuriat, l’innovation et le développement des start-up. Pour Bah Oury, la jeunesse guinéenne doit être préparée non pas à subir les mutations économiques, mais à les conduire. Mamadou Laafa Sow et Moussa Konaté pour Guineematin.com Tél. : 622 919 225