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Procès choc à Conakry : entre accusations d’arnaque et « insultes » envers les magistrats

2026-03-24 - 20:03

Poursuivi pour escroquerie portant sur un montant de 18 millions de francs guinéens, Ibrahima Sory Camara a comparu libre ce mardi 24 mars 2026, devant le tribunal correctionnel de Dixinn. Face aux accusations portées par son ex-compagne, Kadet Diawara, le prévenu a catégoriquement rejeté les faits, évoquant plutôt un conflit né de leur rupture amoureuse. La plaignante a été à son tour inculpée pour outrage à magistrat après la diffusion d’une vidéo controversée, a constaté sur place Guineematin.com à travers l’un de ses reporters. À la barre, Ibrahima Sory Camara, diplômé sans emploi, a soutenu que la plaignante était sa compagne dans le cadre d’un projet de mariage. Selon lui, les aides financières qu’il recevait relevaient d’un soutien volontaire de sa partenaire, qui prenait notamment en charge son loyer et lui offrait des cadeaux. « Il n’a jamais été question d’argent entre elle et moi pour que je l’aide à trouver un emploi », a-t-il affirmé, précisant qu’il n’exerçait aucune activité à l’aéroport et n’y disposait d’aucun contact susceptible de faciliter un recrutement. « D’ailleurs, elle venait faire le ménage chez moi, elle m’offrait des cadeaux et payait même parfois mon loyer sans que je ne lui demande quoi que ce soit. Je dirais simplement qu’elle se montrait généreuse envers moi, car elle savait que je ne travaillais pas à ce moment-là. Toutefois, je précise qu’elle m’a connu alors que je possédais déjà ma propre voiture ». Le prévenu a également insisté sur le fait que les poursuites judiciaires auraient débuté après que son ex-compagne a appris ses fiançailles avec une autre femme. « Nous avions un projet de mariage ensemble, mais je me suis finalement fiancé avec une autre femme. Les problèmes ont commencé lorsqu’elle a compris que je suis fiancé avec une autre qu’elle. Je ne lui ai jamais demandé d’argent pour l’aider dans ses démarches professionnelles. Comment un homme responsable pourrait-il exiger de l’argent de la part d’une femme qu’il souhaite épouser sous prétexte de lui trouver un travail ? Ce ne serait pas digne. De plus, je ne travaille pas à l’aéroport et je n’y ai aucune connaissance. Comment aurais-je pu lui demander de l’argent pour lui obtenir un poste à l’aéroport ? », s’est-il interrogé. De son côté, la partie civile, Kadet Diawara, commerçante divorcée de 28 ans, a livré une version bien différente des faits. Elle affirme avoir été victime d’une escroquerie orchestrée par son ancien compagnon, qui lui aurait promis un emploi à l’aéroport en échange d’une somme d’argent. « Nous nous sommes rencontrés lors d’un anniversaire, et c’est à cette occasion qu’il a commencé à me faire la cour par l’intermédiaire d’une amie nommée Henriette. Un jour, il est venu me trouver à ma boutique pour me suggérer de chercher un emploi, affirmant qu’il m’aiderait à obtenir un poste à l’aéroport. Il m’a alors réclamé la somme de 20 millions GNF. Je lui ai expliqué que je ne disposais pas de la totalité du montant immédiatement, mais que je paierais par tranches. Ma famille a été informée de la situation avant même que je ne commence à lui verser l’argent. Je précise également que je dispose de messages prouvant qu’il me demandait de l’argent et que je lui effectuais des transferts via Orange Money, en plus de sommes remises en mains propres. On sortait en couple au moment des faits, entre 2023 et 2024. Je lui payais son transport pour son déplacement dans le cadre de cette procédure ». Lors de la confrontation, Ibrahima Sory Camara a maintenu sa position, attirant l’attention du tribunal sur une vidéo publiée par la plaignante sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et TikTok. Dans cet enregistrement, selon lui, des propos jugés injurieux à son encontre, mais également envers les magistrats et l’institution judiciaire, auraient été tenus. Après visionnage de ladite vidéo en pleine audience, le représentant du ministère public a immédiatement engagé des poursuites contre Kadet Diawara pour « outrage à magistrats et diffamation envers le tribunal ». À l’issue des débats, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au 31 mars 2026 pour la comparution des témoins et la poursuite des audiences. Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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