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Procès de l’ex-président de la Cour constitutionnelle : « Nous serons là pour assurer la défense des intérêts de l’État » (Me Pépé Antoine Lama)

2026-02-19 - 14:25

Comme annoncé précédemment, l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura, a comparu pour la première fois ce mercredi, 18 février 2026, devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). À peine ouverte, l’audience a été renvoyée au lundi 23 février, malgré l’insistance des parties présentes au dossier. Maître Pépé Antoine Lama, avocat de l’Agence judiciaire de l’Etat, a réaffirmé sa volonté de défendre les intérêts de l’Etat guinéen dans cette procédure, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters. Après plus de trois années de détention, l’ancien président de la cour constitutionnelle sous Alpha Condé a comparu devant la CRIEF. À la barre, le prévenu a rejeté les accusations de détournement portant sur 20 milliards de francs guinéens, affirmant n’être « ni ordonnateur ni personnalité chargée de la gestion ». Son conseil, Maître Facinet Soumah, a pour sa part soutenu que son client est « victime d’injustice ». À l’issue du renvoi du dossier, maître Pépé Antoine Lama, avocat représentant l’agent judiciaire de l’État, partie civile dans cette affaire, a précisé : « La Cour a décidé que l’affaire soit renvoyée au 23 février pour la suite des débats. Nous serons là pour assurer la défense des intérêts de l’État. Nous poserons des questions à charge, des questions de nature à soutenir l’accusation », a-t-il laissé entendre. Poursuivant, il a rappelé que le prévenu est libre d’organiser sa défense, même en disant des contre-vérités. « C’est son droit le plus absolu. En droit pénal, il est permis de dire des contre-vérités pour se défendre. Mais il y a quand même des éléments au dossier de la procédure qui attestent qu’un certain montant est rentré dans les comptes de la Cour constitutionnelle et que la justification de l’utilisation des montants-là n’a pas été prouvée. Il y a aussi des biens qui ont été indiqués pour lesquels il n’existe pas de cohérence entre les ressources du prévenu et les biens identifiés. Donc, les débats vont porter sur tous ces points et je pense qu’au finish, l’État guinéen finira par récupérer ce qui lui est dû », estime l’avocat de la partie civile. En outre, maître Pépé Antoine Lama souligne ainsi que la comparution du prévenu s’inscrit dans le strict cadre légal, tout en rappelant que la situation des coprévenus en fuite demeure pendante et fera l’objet de suites judiciaires appropriées. « C’est une décision de justice contre laquelle ceux qui sont habilités à faire des recours n’ont pas fait. Donc, nous nous en tenons à cette ordonnance de renvoi. Je rappelle qu’il y a deux coprévenus qui sont en fuite. Et le moment venu, toutes les conséquences seront tirées quant à leur statut pénal. » Mis en détention à la maison centrale de Conakry le 15 juillet 2022, Mohamed Lamine Bangoura est poursuivi pour détournement de deniers publics portant sur un montant de 20 milliards de francs guinéens. Les débats se poursuivront le lundi 23 février devant la chambre de jugement de la CRIEF. Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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