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Procès du 28 septembre : « Il n’y a pas d’éléments concrets pour prouver la culpabilité du Colonel Bienvenue Lamah »

2026-02-18 - 10:34

La seconde phase du procès des événements tragiques du 28 septembre 2009 se poursuit devant le tribunal de première instance de Dixinn, délocalisé à la Cour d’appel de Conakry. À la barre, les parties civiles continuent de livrer leurs témoignages. De leur côté, les avocats du Colonel Bienvenue Lamah, un des accusés dans cette affaire, contestent la fiabilité des éléments produits par les victimes. À l’issue de l’audience du lundi, 16 février 2026, maître Murielle Houindo, avocate du Colonel Bienvenue Lamah, a exprimé des réserves sur la cohérence des pièces versées au dossier tout en clamant l’innocence de son client, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters. Dans son intervention, maître Murielle Houindo affirme que plusieurs contradictions apparaissent dans les dépositions et soulève des interrogations sur certains certificats médicaux produits par les parties civiles. « La première chose que l’on constate, il y a des incohérences. Il y en a qui parlent de maillot Chelsea blanc et d’autres qui parlent de maillot Chelsea jaune. Ça déjà, il y a des contradictions au niveau des dépositions. L’autre aspect qui vient se greffer, c’est le fait que sur les différents en-têtes des certificats médicaux que nous avons reçus, il y a des numérotations à 9 chiffres. En sachant qu’en République de Guinée, on est passé à la numérotation à 9 chiffres en 2013. Donc, si ces certificats médicaux datent de 2009 et de 2010, comment se fait-il que sur les numéros qui y sont portés, ça soit une numérotation à 9 chiffres, en lieu et place d’une numérotation à 8 chiffres ? Tous ces éléments prouvent à suffisance qu’il n’y a pas d’éléments concrets probants pour pouvoir prouver la culpabilité de notre client ». Par ailleurs, l’avocate déclare qu’aucune des parties civiles n’a formellement identifié son client, le Colonel Bienvenue Lamah, sur les lieux des faits. « On ne peut pas l’indexer parce que le ministère public a demandé la requalification par rapport aux fins incriminées à mon client. Mais aujourd’hui, il n’est pas indexé littéralement. Mais est-ce qu’une seule personne est sortie pour dire qu’il était présent sur les lieux ? Non. Aucune personne parmi les parties civiles n’a pu le reconnaître physiquement au stade et personne ne peut confirmer à la barre qu’il a eu à donner des ordres. Donc nous, pour le moment, nous estimons que les faits qui sont allégués contre sa personne ne sont pas avérés ». Concernant l’accusation de complicité visant son client, l’avocate précise : « la complicité sous-entend que vous avez participé et que vous avez posé un acte positif en toute connaissance de cause. Mais jusqu’à date, aucun élément tangible ne nous a été rapporté pour nous dire et faire savoir au tribunal qu’il a effectivement participé, qu’il a posé un acte par rapport à la réalisation des infractions qui se sont perpétrées au stade du 28 septembre », se défend-elle. S’agissant des certificats médicaux contestés, certains avocats de la défense ont évoqué la possibilité de poursuites contre des structures sanitaires. Maître Houindo confirme cette option. « Oui, tout à fait, parce que nous sommes tous des personnes sous serment. Lorsqu’un médecin délivre un document, cela sous-entend qu’il a vu le malade. Il atteste de ce qu’il a vu et aux dates et aux heures où il l’a vu. Donc, il ne peut pas se permettre de délivrer, en étant sous serment, de faux documents. Donc, nous nous réservons de les poursuivre », a-t-elle conclu. Quant à une éventuelle implication des avocats de la partie civile dans ces démarches pour les certificats médicaux, la question pourrait être portée devant le Conseil de l’Ordre : « Ça, c’est une autre paire de manches qui va se décider au niveau du Conseil de l’Ordre des avocats. Nous n’allons pas nous laisser faire... » Boubacar Diallo et Mohamed Lamine Touré pour Guineematin.com

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