Procès du 28 septembre : Oumar Bah raconte la mort de son père, tué par balle au stade de Conakry
2026-02-16 - 12:28
La seconde phase du procès des crimes du 28 septembre 2009 s’est poursuivie ce lundi 16 février 2026 au Tribunal de première instance de Dixinn, délocalisé à la Cour d’Appel de Conakry. À l’ouverture des débats, Oumar Bah, constitué partie civile, a livré un témoignage poignant sur les circonstances du décès de son père au stade du 28 septembre, rapporte l’équipe de Guineematin.com qui est sur place. Fils de M. Bah Amadou et de Fatoumata Diaraye Bah, Oumar Bah, marchant domicilié à Cosa, s’est exprimé au nom de sa famille, en qualité d’aîné d’une fratrie de neuf enfants. Il a rappelé que son père, membre actif de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), avait quitté le domicile familial le lundi 28 septembre 2009 pour se rendre au stade, malgré les réticences de sa mère. « Je suis un marchand, domicilié à Cosa, marié sans enfant. Je suis venu me plaindre pour ce qui est arrivé à mon père. Il est mort au stade, le 28 septembre 2009. On a tiré sur lui. Le lundi matin, jour de la manifestation, toute la famille a fait la lecture du Saint Coran. On a pris le petit-déjeuner ensemble. Mon père a dit qu’il va au stade ; mais, ma mère s’est opposée. Finalement, il est parti en disant que c’est une manifestation pacifique. Vers 14h, on a appris qu’il y a eu des gens tués au stade. On a appelé son numéro sans succès. Toute la journée et le lendemain, son numéro ne se passait pas. On a commencé à faire les recherches. Le vendredi, jour de la restitution des corps à la mosquée Fayçal, nous avons retrouvé et récupéré son corps. On a prié sur son corps et enterré au cimetière de Hamdallaye, quartier où on était au moment des faits. On nous a dit qu’ils ont tiré sur lui. C’est aussi écrit sur le papier (le rapport médico-légal) délivré par les médecins. On ne sait pas qui a tiré sur lui mais nous savons que ça s’est passé au stade. On a le papier de l’autopsie et même la photo. Je viens ici parler au nom de la famille comme je suis l’aîné. On n’a pas fait de papier dans ce sens. Nous sommes 9 enfants. On avait suivi la première phase du procès. On avait désigné notre oncle pour venir nous représenter ; mais, il n’était pas venu. Nous ne connaissons pas qui l’a tué ; mais, ça s’est passé au stade du 28 septembre. C’est écrit sur l’autopsie qu’on a tiré sur lui. Pr Hassane Bah avait même dit son nom lors de la première phase du procès du 28 septembre. Mon père était un membre actif du parti UFDG. Lorsqu’il allait au stade, il portait un boubou aucune arme sur lui. Je ne dirai pas que c’est untel qui l’a tué ; mais, c’est au tribunal de prendre cette décision. C’est vers l’omoplate gauche qu’il a reçu la balle. Le tissu blanc mis sur lui était entaché de sang. C’était visible. Le rapport médical en fait foi. Je ne connais pas d’autres personnes décédées là-bas ; mais, le jour de l’enterrement, il y avait d’autres corps soi-disant morts au stade ». À l’issue de cette déposition, le tribunal a ordonné une suspension d’audience afin de permettre à la défense de prendre connaissance du rapport médico-légal versé au dossier. Boubacar Diallo et Thierno Hamidou Barry pour Guineematin.com