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Procès du directeur préfectoral de l’Habitat à Kankan : la défense dénonce un « acharnement judiciaire »

2026-01-28 - 18:03

Le tribunal de première instance de Kankan a ordonné la mise en liberté provisoire d’Abdoulaye Diakité, directeur préfectoral de l’Habitat, poursuivi pour stellionat, faux, usage de faux et complicité. À l’issue de l’audience de ce mercredi, 28 janvier 2026 le porte-parole du pool des avocats de la défense, Me Mamadi Doumbouya, a dénoncé ce qu’il qualifie d’« acharnement judiciaire » contre son client, rapporte un des correspondants de Guineematin.com à Kankan. Selon la défense, les débats à l’audience publique ont permis de démontrer que les faits reprochés à Abdoulaye Diakité ne sauraient être juridiquement établis. « Le parquet poursuit notre client pour stellionat, faux, usage de faux et complicité. Le tribunal a notifié les charges et le prévenu a donné sa version des faits. À la lumière des débats, on s’est rendu compte qu’il s’agit d’un acharnement contre le directeur préfectoral de l’Habitat », a déclaré Me Mamadi Doumbouya. L’avocat a rappelé que, conformément au droit pénal guinéen, la constitution d’une infraction suppose la réunion de trois éléments : légal, matériel et moral. « Dans le cas d’espèce, il y a eu l’établissement d’un nouveau plan. Mais y avait-il l’intention de commettre un faux, alors que le premier plan datant de 1968 n’était ni enregistré ni identifié dans les registres de l’Habitat ? Notre client s’est appuyé sur un certificat de propriété délivré par le chef de quartier pour établir ce nouveau plan », a-t-il expliqué. Me Mamadi Doumbouya a également dénoncé une incohérence dans la qualification juridique retenue par le ministère public. « On poursuit une même personne comme auteur et comme complice au même moment. Or, on ne peut pas être voleur et complice du voleur. C’est contraire à la loi », a-t-il souligné, estimant que la détention de son client était « arbitraire et injuste ». Interrogé sur de possibles implications extérieures dans ce dossier, l’avocat s’est montré réservé concernant la famille du président de la république, tout en mettant en cause le rôle du parquet général. « Je me réserve de tout commentaire sur la famille du président, faute d’éléments. Mais s’agissant du parquet général, il est impliqué à toutes les étapes de la procédure. Le procureur général a lui-même évoqué une conversation WhatsApp avec le prévenu », a-t-il indiqué. Se référant aux articles 47 et 50 du Code de procédure pénale, Me Doumbouya a insisté sur la nécessité pour le procureur de la République d’exercer pleinement ses prérogatives. « Cette subordination ne doit pas apparaître dans le prétoire », a-t-il ajouté. Pour la défense, la décision du tribunal constitue un signal positif pour la suite de la procédure. « La liberté provisoire est un bon signe pour la suite. Le tribunal a compris la légèreté du dossier. Notre client va retrouver son service, car de nombreux citoyens sont privés des prestations de la direction préfectorale de l’Habitat », a conclu l’avocat, se disant confiant quant à l’issue du procès. Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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