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Procès du massacre du 28 septembre 2009 : Abdoulaye Diallo raconte l’horreur vécue au stade

2026-01-26 - 18:26

La seconde phase du procès relatif au massacre du 28 septembre 2009 s’est poursuivie ce lundi, 26 janvier 2026, devant le tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la Cour d’appel de Conakry. À cette occasion, Abdoulaye Diallo, âgé de 49 ans, chauffeur domicilié à Simbaya gare et partie civile dans la procédure, est revenu avec émotion sur les événements tragiques de cette journée, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters. Selon son témoignage, le matin du 28 septembre 2009, il s’était rendu à Belle-Vue pour prendre des nouvelles de la ville. Arrivé au carrefour de Belle-Vue, il dit avoir aperçu une foule en direction du stade du 28 Septembre. Peu après, des militaires en bérets rouges auraient ouvert le feu, causant la mort de plusieurs personnes sur place. « J’ai vu cinq personnes mourir à Belle-Vue. Quand nous sommes entrés au stade, je me suis dirigé vers la tribune vers 9 heures. J’ai vu une fourgonnette de la CMIS qui circulait. Les militaires ont encore tiré sur trois personnes », a-t-il relaté. Abdoulaye Diallo a affirmé avoir été agressé à l’intérieur du stade. Il a soutenu que des militaires lui ont arraché son téléphone portable avant de le rouer de coups, lui portant notamment deux coups de couteau dans le dos. Il a évoqué également des violences sexuelles et des actes de barbarie perpétrés contre des femmes. « Ils déchiraient les pantalons des femmes. J’ai vu des militaires habillés en maillot de Chelsea avec des flèches. Ils ont encore tué cinq personnes sous mes yeux », a-t-il poursuivi. Ce chauffeur de profession a déclaré avoir été gravement blessé, notamment à la main, qui aurait été fracturée lors des violences. Après avoir quitté le stade, il dit avoir parcouru plusieurs quartiers de la capitale, de Belle-Vue à Cosa, en passant par la CBG, Concasseur, Dar-Es-Salam, Koloma et Demoudoula. Blessé, il s’est ensuite rendu dans une clinique avant d’être admis à l’hôpital Donka le lendemain, où il affirme être resté alité pendant une semaine sans recevoir de soins appropriés. Il précise avoir été hospitalisé du 30 septembre au 6 octobre 2009. Interrogé sur l’accusé Bienvenu Lamah, la victime a indiqué n’avoir jamais entendu son nom au cours des événements. Il a toutefois affirmé que ce sont les militaires en bérets rouges qui, selon lui, ont ouvert le feu sur la population, alors que toutes les issues du stade étaient verrouillées. « Nous sommes allés au stade parce que les leaders politiques avaient appelé à manifester. Nous en avions assez du pouvoir militaire », a conclu Abdoulaye Diallo. Le juge a renvoyé le dossier au 10 février 2026, pour la suite de la comparution des parties civiles. Kaïn Naboun TRAORÉ et Thierno Hamidou BARRY pour Guineematin.com Tel : (+224) 621144 891

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