Prochaines échéances électorales : le dernier combat pour la survie
2026-02-23 - 18:26
Après l’élection présidentielle du 19 décembre 2025, la Guinée poursuit le processus de mise en place des institutions héritières du CNRD. C’est dans cette optique que le nouvel élu a fixé au 24 mai prochain la date d’un double scrutin : les élections législatives et communales. Les futurs élus succéderont aux conseillers du Conseil national de la transition et aux présidents des délégations spéciales. Contrairement à la présidentielle, qui était sans enjeux majeurs dans la mesure où le vainqueur était d’avance connu, cette fois la compétition sera des plus serrées. Du moins pour la désignation des candidats. Notamment entre ceux qui estiment avoir mouillé le maillot pour que le président du CNRD soit le président de la République. Le Premier ministre a déjà annoncé les couleurs : il n’est pas question d’avoir un pied dedans et un pied dehors. Les partis alliés devront fondre comme neige au soleil au sein de la GMD. Ceux qui voudront garder leur identité et indépendance seront des partis d’opposition. Avec tout ce que cela implique depuis le 5 septembre 2021. Entre autres risque pour un parti qui choisit son indépendance d’obtenir zéro élu aux législatives. Il n’est un secret pour personne que tous ceux qui ont soutenu la candidature de la GMD et battu campagne ne l’ont fait pour deux choses : la poche et le poste. Et puisque l’homme est l’être le plus insatiable, même ceux qui ont obtenu le premier veulent le second. A plus forte raison ceux qui n’ont rien obtenu. Le dernier remaniement ministériel a fait voler en éclats beaucoup d’espoirs et de promesses. Désormais, le seul espoir reste l’hypothétique élection au parlement ou à la tête d’une commune. Or, le contenu est beaucoup plus grand que le contenant. La compétition, j’allais dire la concurrence, sera très rude entre les sortants qui ne veulent pas sortir du succulent CNT et de la tête des communes et ceux qui veulent de leurs places. Entre les deux, les tenants du pouvoir devront faire le choix. Car, s’il y a des rois, il y a forcément des faiseurs de rois. Ce sont ces derniers qui auront le dernier mot dans la composition des listes. C’est pourquoi chacun cherche à caresser son « grand » dans le sens des poils. Dans tous les cas, et quel que soit l’effort de parité et d’équité dont feront preuve ceux qui composeront les listes, certains prétendants resteront sur le carreau. D’où les agitations auxquelles on assiste déjà. Hantés d’être laissés à quai, les candidats potentiels commencent à faire recours aux fameux communicants, que certains qualifient de lèches bottes, pour vanter leurs mérites. Anciens députés, actuels conseillers au CNT et autres partisans et artisans de la dernière candidature du Général ne ménagent aucun effort pour se maintenir ou obtenir un poste. A ces deux groupes, il faut ajouter les partis qui ont participé à la dernière présidentielle. Il est fort probable que la puissante GMD donnera de l’aumône à ceux qui ont contribué à légitimer la présidentielle de l’année dernière. Les enjeux sont grands. Beaucoup de prétendants jouent leur dernière carte. Certains conseillers du CNT et autres anciens parlementaires sont habitués à un train de vie qu’ils ne peuvent obtenir que s’ils sont élus au nouveau parlement ou dans les communes urbaines. D’où la lutte sans merci pour ce qui ressemble fort à un dernier combat de survie. C’est aussi ce qui explique certaines prises de positions. Les déclarations contre les opposants ayant été un véritable fonds de commerce ces dernières années, certains pensent qu’il faut encore aujourd’hui tirer sur Cellou et Sidya pour avoir une place au soleil. Pour les transhumants, la loyauté à leur nouveau mentor se mesure par la grossièreté contre l’ancien. Toute honte bue ! Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com