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Programme Simandou 2040 : 330 milliards USD d’investissements et 345 projets pour transformer l’économie guinéenne

2026-03-07 - 16:16

Le Conseil national de la transition (CNT), après examen du Programme Simandou 2040, a voté jeudi dernier, 5 mars 2026, un ambitieux plan de développement socio-économique destiné à transformer durablement l’économie guinéenne. Ce sont au total deux textes de loi, à savoir : le projet de loi plan 2026-2040 relatif au programme durable et responsable « Simandou 2040 » et le projet de loi programme 2026-2030 qui ont été adoptés par la majorité des conseillers. Évalué à 330 milliards de dollars sur la période 2026-2040, ce programme s’appuie sur de profondes réformes institutionnelles, des investissements massifs dans les infrastructures et plusieurs centaines de projets structurants à fort impact social et économique, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters. Ce vaste chantier de transformation nationale repose sur cinq piliers majeurs, soutenus par des réformes transversales portant notamment sur la modernisation de l’État, la lutte contre la corruption, la réforme des forces de défense et de sécurité ainsi que la professionnalisation de l’administration publique. Selon le rapport du CNT, ces transformations structurelles visent à améliorer l’efficacité administrative, réduire les lourdeurs procédurales et renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques. Pour cela, c’est un programme de 330 milliards de dollars financé par plusieurs sources qui est élaboré. Le coût global du programme est estimé à 330 milliards de dollars sur la période 2026-2040. Les investissements seront réalisés progressivement en trois phases de cinq ans chacune, avec une première phase évaluée à environ 75 milliards de dollars. Par ailleurs, il convient de préciser que 20 milliards de dollars ont déjà été mobilisés dans le cadre du projet Simandou. La réussite de ce programme repose également sur un modèle de financement diversifié mobilisant plusieurs acteurs économiques. Ainsi, la contribution du secteur privé est estimée à 126 milliards USD (38 %), celle des bailleurs de fonds internationaux à 37 milliards USD (11 %), les fonds souverains devraient apporter 61 milliards USD (19 %), tandis que le budget de l’État contribuera à hauteur de 105 milliards USD (32 %). Selon les projections présentées devant les conseillers nationaux, la mise en œuvre effective de ce programme devrait permettre à la Guinée d’atteindre, à l’horizon 2040, un décollage économique durable, soutenu par une croissance maîtrisée et accompagnée d’une vigilance particulière sur la maîtrise de l’inflation et de l’endettement. Le programme ambitionne notamment de moderniser plusieurs secteurs stratégiques tels que les mines, l’agriculture, l’industrie, les services, l’éducation, la santé ainsi que les infrastructures et travaux publics. Au-delà de ses objectifs économiques, le Programme Simandou 2040 entend produire des effets significatifs sur le plan social, notamment en matière de réduction de la pauvreté et de création d’emplois. Selon les conseillers nationaux de la transition, « la mise en œuvre du programme devrait également avoir un impact social significatif, notamment en matière de : réduction de la pauvreté, réduction des inégalités, inclusion des jeunes et des femmes et stabilisation socio-économique ». Le programme prévoit également le renforcement de la sécurité et de la justice, l’amélioration de la gouvernance financière, la digitalisation de l’administration ainsi que la promotion des énergies renouvelables et de normes environnementales strictes afin de limiter l’impact écologique des projets. Une « Delivery Unit » pour piloter l’exécution du programme est l’un des plans phares que comptent utiliser les promoteurs de ce programme. Pour garantir l’efficacité et la cohérence dans l’exécution du programme, une structure spécifique de pilotage a été mise en place. « Afin d’assurer une exécution efficace du programme, un organisme public dénommé Delivery Unit (DU) a été créé par décret D/2025/0244/PRG/SGG et placé sous la tutelle directe du Président de la République. Cette structure aura pour mission : d’assurer la coordination stratégique du programme, de veiller à l’alignement entre les ministères et les structures d’exécution et de garantir le respect des délais, des budgets et des objectifs et d’identifier et de lever les blocages opérationnels. Chaque ministère concerné devra également mettre en place une cellule d’exécution ministérielle, fonctionnant selon le même modèle opérationnel que la Delivery Unit centrale », a expliqué l’honorable Fabara Koné. 345 projets et 39 réformes majeures sont envisagés pour soutenir la transformation. Dans sa configuration actuelle, le Programme Simandou 2040 comprend un ensemble de réformes et de projets structurants couvrant plusieurs secteurs clés de l’économie nationale à en croire les déclarations du CNT. « Dans sa conception initiale, le Programme Simandou 2040 comprend 39 réformes majeures et 122 mégaprojets, répartis en 345 projets. Après quatre années d’exercice, le CNT a examiné ces projets et proposé 47 projets supplémentaires afin de mieux répondre aux priorités des populations urbaines et rurales et aux exigences du développement. Des projets structurants dans plusieurs secteurs sont également entrepris par les concepteurs du programme parmi lesquels projets structurants proposés figurent notamment : le transport et infrastructures, l’acquisition de 750 bus, soit 50 par an, construction de routes préfectorales et pistes rurales sur plusieurs milliers de kilomètres, construction de gares routières dans chaque préfecture, le projet de route Labé-Tougué-Dinguiraye, la construction d’échangeurs à Matoto et Sangoyah, l’acquisition de bateaux taxis et navires de transport, la Santé et action sociale, la reconstruction de l’hôpital Ignace Deen d’ici 2028, la création de centres de drépanocytose et d’hémophilie, construction de centres néonatals et pédiatriques dans les régions, la construction des centres de prise en charge des fistules obstétricales, construction de centres orthopédiques régionaux », a décliné l’honorable Fabara Koné, rapporteur général du CNT. Dans le domaine de l’agriculture et de l’industrie, le programme prévoit également des projets d’envergure, notamment l’acquisition de machines agricoles pour chaque sous-préfecture à fort potentiel agricole, la relance des rizeries, le développement de productions locales à forte consommation telles que les carreaux, le sucre, les pneus, les textiles ou encore l’huile de palme ainsi que la mise en place d’une chaîne de valeur de l’acier. Sur le plan environnemental et énergétique, plusieurs initiatives sont également prévues, notamment la campagne présidentielle de reboisement de 150 000 hectares d’ici 2040, la construction d’une centrale éolienne, le projet « zéro plastique » à l’horizon 2035 ainsi que l’électrification des îles et de nombreux centres de santé. Dans les secteurs de l’eau, de l’urbanisme et des services publics, le programme envisage la réalisation de 4 200 forages dans le cadre de l’initiative « une école, un forage », la construction de bibliothèques scolaires, de maisons de jeunes et de centres de loisirs, ainsi que le projet « Conakry ville propre » incluant la délocalisation de la décharge de la Minière. Des réformes supplémentaires pour mobiliser davantage de ressources publiques. Pour soutenir la réalisation de ces nombreux projets, l’intercommission du CNT propose également 30 réformes supplémentaires visant à renforcer la mobilisation des ressources publiques. Ces réformes portent notamment sur la récupération des restes à recouvrer auprès des entreprises redevables, la révision des conventions minières, l’élargissement de l’assiette fiscale, la taxation de l’or artisanal, l’amélioration de la gestion du patrimoine de l’État, la restructuration d’EDG, la mobilisation des dividendes du portefeuille de l’État ainsi que la lutte contre la fraude et l’informel. Selon les estimations présentées aux conseillers nationaux, ces réformes pourraient permettre à l’État de mobiliser au moins 15 000 milliards de francs guinéens supplémentaires. Enfin, le CNT insiste sur la nécessité d’une gouvernance rigoureuse pour assurer la réussite de ce programme stratégique pour l’avenir du pays. À ce propos, le rapporteur général a souligné que « au-delà de l’examen du contenu du Programme Simandou 2040, les travaux du CNT ont également porté sur le projet de loi de plan destiné à assurer sa mise en œuvre. Les séances de travail en commissions et en inter-commissions ont accordé une attention particulière à la question de la gouvernance, considérée comme un facteur déterminant pour la réussite du programme », a indiqué le conseiller dans sa lecture du rapport qui a sanctionné les travaux d’examen. Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com Tel : 622919225

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