Quatre frères jugés pour stellionat : « Personne dans la famille ne connaissait l’existence de ce demi-frère »
2026-02-28 - 08:15
Quatre frères, Abdoulaye Sacko, Kerfalla, Facinet et François, ont comparu ce jeudi, 26 février 2026, devant le tribunal de Mafanco. Ils sont poursuivis pour stellionat, une infraction prévue et punie par les articles 406 et 407 du Code pénal. À la barre, les prévenus ont catégoriquement nié les accusations portées contre eux, soutenant n’avoir jamais cédé la parcelle litigieuse qui leur vaut des ennuis judiciaires, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters. Dans cette affaire, les 4 prévenus sont accusés d’avoir cédé une parcelle de terrain en ayant conscience qu’elle ne leur appartenait pas. La partie civile, représentée par sa mère, Mamadama Camara, soutient que le terrain litigieux constitue la part d’héritage revenant à son fils, présenté comme le demi-frère des prévenus. De leur côté, les frères Sacko livrent une version radicalement différente. Ils affirment que la parcelle vendue faisait bien partie des biens qui leur ont été attribués à l’issue du partage successoral. Ils ajoutent par ailleurs que l’existence de l’enfant aujourd’hui représenté par sa mère n’était pas connue de la famille Sacko avant le décès de leur père. Selon eux, ce n’est qu’après la mort du patriarche que l’enfant aurait été présenté comme étant son fils. Avant l’ouverture des débats au fond, la défense a soulevé une exception portant sur la filiation du plaignant. « Madame la présidente, celle qui se réclame aujourd’hui être la mère de l’un des héritiers n’a présenté cet enfant qu’après la mort du patriarche. De son vivant, personne dans la famille ne connaissait son existence. Aucun document ne prouve qu’il est le fils de la famille », a plaidé l’avocat des prévenus. Au cours de cette audience, seul Abdoulaye Sacko a été entendu. Né en 1950 à Conakry, cultivateur, polygame et père de onze enfants, il a tenu à préciser la position de sa famille. « Ce n’est pas nous qui avons cédé la parcelle, c’est notre mère, Hadja Diary Camara. Cette parcelle lui est revenue lors du partage. À la mort de notre père, qui avait trois épouses, les sages ont procédé à la répartition entre les femmes, et chacune, avec ses enfants, a reçu sa part », a-t-il expliqué. À l’issue des échanges, le tribunal, présidé par la juge Thérèse Moussokoura Délamou, a renvoyé l’affaire au 19 mars prochain pour la suite des débats. Mariama Barry pour Guineematin.com