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Réformes de l’état civil : Pita confrontée à une crise silencieuse

2026-02-12 - 09:37

Malgré la volonté affichée des autorités guinéennes de moderniser et de renforcer le système d’état civil, la commune urbaine de Pita continue de faire face à d’importants obstacles qui freinent le bon fonctionnement de ce service public essentiel. Pénurie de papiers sécurisés, rupture de codes GOUV, manque d’accessoires et insuffisance de personnel : autant de difficultés qui compliquent la délivrance des documents administratifs aux citoyens, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters. Dans un entretien accordé à notre reporter, l’officier de l’état civil délégué de Pita, Bella Ouendéno, a dressé un constat préoccupant de la situation, chiffres à l’appui. Selon lui, les missions du service ne se limitent plus aux simples déclarations et transcriptions des actes de naissance. Elles englobent désormais la numérisation des extraits sécurisés. Un processus exigeant à la fois en moyens matériels et en ressources humaines, souligne-t-il. « Aujourd’hui, l’état civil ne se résume plus aux déclarations et aux transcriptions. Il y a aussi la numérisation des extraits sécurisés, que beaucoup appellent à tort biométriques. Or, depuis la dernière dotation reçue en septembre, nous n’avons plus bénéficié d’aucun approvisionnement, alors que les besoins sont énormes », a expliqué Bella Ouendéno. La question du matériel consommable constitue l’un des principaux points de blocage. Si la gratuité des extraits sécurisés et de la carte nationale d’identité, décidée par le président de la République, est saluée par les populations, sa mise en œuvre se heurte à de sérieuses défaillances au niveau communal. « L’État fournissait auparavant aux communes les papiers sécurisés, les codes GOUV et les accessoires nécessaires. Mais aujourd’hui, nous sommes totalement en rupture. La dotation reçue en septembre a été rapidement épuisée, alors que les demandes ne cessent d’augmenter », a-t-il déploré. Les chiffres avancés par le responsable illustrent l’ampleur du problème. À ce jour, 6 010 extraits sont déjà saisis et enregistrés, mais restent impossibles à imprimer faute de papier sécurisé. Quarante-deux autres sont prêts à être imprimés, tandis que 4 011 dossiers, bien que reçus, n’ont pas encore été saisis. Au total, le service estime à 10 063 le nombre de papiers sécurisés et de codes GOUV nécessaires pour satisfaire la demande actuelle des citoyens. À ces contraintes matérielles s’ajoute un déficit criant de personnel. Bella Ouendéno indique être le seul fonctionnaire de l’État affecté à ce service, assisté d’un adjoint volontaire et de huit stagiaires, dont seulement trois sont contractuels de la commune. Les cinq autres travaillent à titre bénévole, une situation qui, selon lui, impacte négativement la qualité et le rythme du travail. « Lorsqu’on travaille avec des volontaires, il est difficile d’exiger le même rendement que de véritables agents rémunérés. Cela pénalise le service, d’autant plus que ce sont des pères et des mères de famille », a-t-il souligné, ajoutant avoir déjà formulé des doléances auprès du conseil communal afin d’améliorer les conditions de ces agents. En attendant une réaction des autorités compétentes, des milliers de dossiers restent en souffrance à Pita, au grand désarroi des populations, pour qui l’accès aux documents d’état civil demeure une nécessité vitale. Mamadou Laafa Sow Laafa Sow pour Guineematin.com Tél. : 622 919 225

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