Rapatriement de Guinéens d’Allemagne : Morissanda Kouyaté défend la dignité nationale et annonce une enquête conjointe
2026-02-26 - 22:15
La question du rapatriement des Guinéens en situation irrégulière en Europe, notamment en Allemagne, continue de susciter de vifs débats sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique. Face aux rumeurs persistantes et aux accusations de contreparties financières liées aux retours, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, Dr Morissanda Kouyaté, est sorti de son silence. Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi, 26 février 2026, dans les locaux de son département, le chef de la diplomatie guinéenne a tenu à apporter des clarifications sur les conditions de retour de certains compatriotes et sur la nature des accords conclus avec les autorités allemandes, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters. D’emblée, le ministre a fermement démenti les informations selon lesquelles la Guinée conditionnerait le rapatriement de ses ressortissants à une aide financière étrangère. Dans un ton déterminé, Morissanda Kouyaté a rejeté toute idée de « marchandisation » des retours. « Nous ne sommes pas un peuple mendiant. L’Allemagne n’a rien à payer. La Guinée n’a pas demandé d’argent, la Guinée n’a pas pris d’argent », a-t-il insisté, défendant la dignité des migrants guinéens. Selon lui, les ressortissants concernés sont rapatriés parce qu’ils ont épuisé leurs recours administratifs et juridiques dans le pays d’accueil. Il a rappelé que la Guinée ne saurait accepter que ses citoyens violent les lois d’autres États, tout en refusant que leur retour soit assimilé à une transaction financière. Le ministre a toutefois précisé que si des aides individuelles étaient proposées directement aux migrants par le pays d’accueil, les autorités guinéennes ne s’y opposeraient pas. « Nous n’allons pas dire aux gens de ne pas prendre l’argent qu’on leur a donné. Mais cela n’est pas conditionné à cela », a-t-il déclaré. Au-delà du démenti, le chef de la diplomatie a reconnu la nécessité d’examiner avec rigueur les conditions dans lesquelles certains Guinéens ont été reconduits. Il a ainsi annoncé la mise en place prochaine d’une commission d’enquête bilatérale entre la Guinée et l’Allemagne. Cette structure aura pour mission de vérifier si les droits des personnes concernées ont été pleinement respectés. « Est-ce que tous leurs droits ont été respectés ? Nous allons examiner cela avec la partie allemande », a-t-il affirmé. Dr. Morissanda Kouyaté a également indiqué que l’accord encadrant ces retours – qu’il affirme ne pas avoir été formellement signé par la Guinée – fera l’objet d’une révision. « La partie qui ne nous convient pas, nous l’enlèverons », a-t-il assuré, tout en précisant qu’il ne s’agissait pas d’une suspension des mécanismes existants, mais d’une relecture dans un esprit de dialogue. En conclusion, le ministre a replacé la question migratoire dans le cadre plus large des relations entre la Guinée et ses partenaires européens. Il a insisté sur l’importance d’un partenariat équilibré, fondé sur le respect mutuel et la coopération. « Nous avons besoin de l’Europe, l’Europe a besoin de nous », a-t-il déclaré, évoquant notamment les projets soutenus par des partenaires européens ainsi que les investissements stratégiques en Guinée. À travers cette sortie médiatique, Dr. Morissanda Kouyaté a cherché à rassurer l’opinion nationale tout en adressant un message clair à la communauté internationale : la Guinée entend défendre la dignité de ses ressortissants, sans rompre avec la logique du dialogue diplomatique. Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com