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Reprise des débats dans l’affaire BNIG à la CRIEF : Alpha Mohamed Kalo et Afriland First Bank à la barre

2026-01-26 - 17:31

Les débats ont repris à zéro ce lundi, 26 janvier 2026, devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) dans le dossier opposant l’État guinéen et le ministère public à plusieurs prévenus, dont Alpha Mohamed Kalo, ex-directeur général de la Banque nationale d’investissement de Guinée (BNIG), en détention depuis le 26 juillet 2022. Sont également cités dans cette procédure : Ibrahima Tounkara, Maurice Eugène Alecaut, la société Djoliba et Afriland First Bank, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters. Les prévenus dans ce dossier sont poursuivis pour de graves faits présumés, notamment détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux, faux et usage de faux en écritures publiques, atteinte à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés publics, complicité et recel, portant sur plusieurs montants au préjudice de l’État guinéen. À l’audience de ce jour, seuls Alpha Mohamed Kalo et le représentant d’Afriland First Bank ont comparu devant la Cour. Le représentant de la banque commerciale a été le premier à se présenter à la barre pour répondre des faits reprochés à Afriland First Bank. La banque est notamment accusée d’avoir conclu un contrat avec la BNIG en violation présumée des règles et procédures de passation des marchés publics. La Cour, ainsi que la partie civile représentée par l’Agent judiciaire de l’État, a longuement interrogé le représentant d’Afriland First Bank sur ce qu’elle estime être des zones d’ombre dans cette relation contractuelle. Les débats ont porté, entre autres, sur la question de la gouvernance et d’un possible conflit d’intérêts, notamment le fait que le directeur du groupe Afriland soit également président du conseil d’administration de la BNIG, alors même qu’Afriland First Bank est actionnaire de cette banque publique. A en croire l’agent judiciaire de l’Etat, l’Etat guinéen serait actionnaire de la BNIG avec le taux de participation le plus élevé. À ce sujet, le représentant d’Afriland First Bank a confirmé que Paul Focam occupe effectivement ces deux fonctions. La Cour a également cherché à comprendre si cette « double casquette » n’avait pas d’influence sur les décisions à prendre au sein de la BNIG. Autre point central des échanges : l’utilisation des 500 milliards de francs guinéens mobilisés par la BNIG. « La Banque nationale d’investissement de Guinée est une cliente d’Afriland First Bank. Elle dispose de comptes bancaires dans les livres d’Afriland First Bank. Elle a prêté ce montant de 500 milliards de francs guinéens à Afriland First Bank, que cette dernière a, à son tour, placé en bons du Trésor moyennant un taux d’intérêt. Je précise également qu’Afriland First Bank est actionnaire de la BNIG à hauteur de 10 % », a expliqué le représentant de la banque. À son tour, l’ex-directeur général de la BNIG, principal mis en cause dans cette affaire, a livré sa version des faits. Alpha Mohamed Kalo a d’abord rappelé les conditions de création et de fonctionnement de la BNIG. « La BNIG a été créée en 2018. Elle n’a pas été créée par décret. Le directeur général que j’étais, jusqu’à mon départ, n’a pas non plus été nommé par décret. J’ai été désigné par un conseil », a-t-il déclaré à la barre. Concernant les accusations d’enrichissement illicite, l’ancien patron de la BNIG a fermement contesté les faits. « Avant que je ne sois directeur de la BNIG, je recevais déjà de l’argent sur mon compte bancaire provenant des frais de location de ma maison à Washington, qui me rapportait 2 700 dollars par mois. Cette maison existe toujours. On m’accuse dans ce dossier d’avoir détourné 119 milliards 500 millions de francs guinéens. C’est archi-faux », a-t-il martelé. Il a également réagi aux accusations portant sur 64 milliards de francs guinéens que la partie civile considère comme des frais fictifs. « C’est mal connaître le fonctionnement des banques. Toutes les entreprises qui ont bénéficié des prêts avec la BNIG ont effectivement reçu les montants qui leur ont été prêtés, et ces fonds ont été virés via la banque centrale de la République de Guinée sur leurs comptes respectifs. Les traces existent à la BCRG », a-t-il soutenu. Au terme de plusieurs heures de débats, la Cour a ordonné la comparution du directeur général actuel de la BNIG afin d’éclairer davantage la juridiction. L’affaire a été renvoyée au 4 janvier 2026 pour la suite des débats. Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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