Sékou Kaba jugé pour 195 mille dollars : « Dès que DK aura payé mes 24 mille dollars, elle aura le reste de sa marchandise »
2026-02-03 - 22:47
Le procès de Sékou Kaba, commerçant de profession, s’est rouvert ce mardi, 3 février 2026, au tribunal de Kaloum. Il est poursuivi pour abus de confiance portant sur la somme de 195 mille dollars au préjudice de Kadiatou Biro Diallo, connue sous le nom de DK. Le prévenu, qui comparaît libre, est accusé d’avoir détourné ce montant destiné à l’achat de tables-bancs et de chaises depuis la Chine pour Kadiatou Biro Diallo (DK). A l’audience du jour, le prévenu a nié les faits mis à sa charge, accusant DK de ne pas avoir versé la somme de 24 mille dollars nécessaires à l’embarquement des deux conteneurs de tables-bancs et de chaises restants, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters. Agé de 38 ans, marié, commerçant fournisseur de profession, Sékou Kaba est jugé pour abus de confiance portant sur 195 000 dollars au préjudice de DK. Appelé à la barre pour sa déposition, le prévenu, non détenu, a expliqué que la partie civile ne lui aurait pas versé le reste de son argent (24 mille dollars) nécessaires à l’embarquement des deux conteneurs de tables-bancs et de chaises restants. Ce retard de paiement serait, selon ses dires, à l’origine du litige. « En novembre 2023, elle m’a contacté pour un projet en Chine, où je l’ai aidée à trouver un hébergement. Elle souhaitait trouver une usine pour produire 3 250 tables-bancs et 6 500 chaises. Après avoir visité l’usine, nous avons passé commande pour un volume total de 6 conteneurs. À ce jour, elle a déjà reçu 1 800 tables-bancs et 2 942 chaises. Au moment du chargement des commandes en décembre 2023, les frais de transport s’élevaient à 3 500 $ par conteneur. Sur une commande totale de 211 250 dollars, elle a effectué un premier versement de 110 000 dollars, laissant un solde de 122 000 dollars dans lequel est inclu les frais de transport. Cependant, en raison d’un retard de paiement de sa part, le solde n’a été réglé qu’en janvier 2024. Ce retard a coïncidé avec une forte augmentation des tarifs de transport, le prix par conteneur passant de 3 500 dollars à 12 000 dollars. Elle m’a envoyé un montant total de 232 000 dollars pour couvrir la commande et les frais de transport réévalués. Actuellement, 4 des 6 conteneurs ont déjà été chargés. Pour rappel, ma commission est fixée à 15 dollars de bénéfice par table-banc », a-t-il déclaré. Par ailleurs, le prévenu maintient son innocence. Il assure avoir payé l’usine et promet d’expédier les conteneurs restants dès que ses frais auront été payés par DK. « Je tiens à préciser que je n’ai pas abusé de sa confiance. C’est l’inexécution du paiement de l’argent à temps pour les frais de l’embarquement qui nous a mené dans cette histoire. Car le retard a coïncidé à l’augmentation des frais de transport qui sont passés de 3500 dollars à 12 mille dollars. Le prix unitaire du table-banc est à 50 dollars et la chaise à 15 dollars. On avait conclu sur chaque table banc que je gagnerais 15 dollars comme bénéfice... » Revenant sur une dispute qu’il a eu avec DK en Chine, qui l’a filmé et diffusé sur les réseaux sociaux, Sékou Kaba exprime sa déception. « J’ai été touché d’avoir été filmé et posté sur les réseaux sociaux pour détournement de 400 mille dollars. J’ai déjà soldé auprès de l’usine. C’est elle qui me doit de l’argent, dès qu’elle aura payé mon argent (24 mille dollars) elle aura le reste de sa marchandise. Depuis qu’elle est rentrée dans ma vie, je n’ai que des problèmes, mon business ne marche plus. » De son côté, Kadiatou Biro Diallo, plus connue sous le nom de DK, a rejeté en bloc la déposition du prévenu. Elle a réitéré les motifs de sa plainte, avant de réclamer le remboursement de son dû, s’élevant à 195 000 dollars. « Je m’exprime aujourd’hui pour réclamer mon argent. La situation est claire. Monsieur Sekou Kaba me doit une somme importante. Pour preuve de sa mauvaise foi, monsieur Kaba a même sollicité l’intervention de sa propre mère auprès de madame Bah Kadija, une connaissance, pour me demander de ne pas exposer cette affaire publiquement (réseaux sociaux), reconnaissant ainsi qu’il me devait de l’argent et qu’il était en difficulté financière. Concernant son passeport, celui-ci avait été saisi par la DPJ. J’étais sur le point de le faire placer sous mandat de dépôt. Mais le ministre de la Justice sortant, Yaya Kairaba Kaba, a ordonné la restitution de son document de voyage pour des raisons que j’ignore. Je tiens à réaffirmer que je ne lui dois absolument rien, pas même un centime. Bien qu’aucun contrat formel n’ait été signé, tous nos accords ont été conclus via WhatsApp sur la base de la confiance. C’est lui qui me doit. J’ai lui ai remi 232 mille dollars avec reçu ; main à main, 50 mille et 60 mille dollars, puis il a reçu 10 mille dollars de la part de monsieur Diallo, 2000 dollars et 1000 dollars. Comment peut-il me solliciter pour un prêt de 50 millions (GNF) s’il prétendait que je lui devais de l’argent ? À ce jour, sa dette envers moi s’élève à 195 000 dollars, correspondant au reliquat de ma marchandise non livrée. Sur la commande totale, je n’ai reçu que 3 conteneurs embarqués en ma présence alors que les frais de transport étaient de 3 500 dollars. Il reste actuellement 3 conteneurs et demi. La marchandise a été intégralement soldée en janvier. C’est par après qu’il m’a appelé pour me dire que les frais de l’embarquement ont grimpé. Malgré mes instructions explicites d’embarquer ces conteneurs et de me transmettre les connaissements (BL), quand il m’a fait savoir que les frais de transport ont grimpé, il ne l’a jamais fait. Le retard et le blocage viennent exclusivement de lui. Désormais, je ne souhaite plus recevoir la marchandise. Je réclame le remboursement de mon argent », a-t-elle indiqué. Après avoir écouté les parties, le tribunal a rejeté la demande d’expertise comptable formulée par l’avocat de la défense. Ensuite, il a renvoyé le dossier au 10 février 2026 pour la comparution des témoins et la production des documents prouvant que le prévenu a effectivement payé l’usine. Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com