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Siguiri : ouverture du procès des assassins présumés de Lancinè Diakité alias Lasso, un jeune vendeur d’or

2026-02-24 - 11:15

Le procès très attendu des assassins présumés de Lancinè Diakité (Lasso), un jeune vendeur d’or, s’est ouvert hier, lundi 23 février 2026 devant le tribunal de première instance de Siguiri. Kaba Doumbouya alias Dradeny, Abou Kaba et Lamine Diakité ont comparu pour répondre des lourdes charges qui pèsent à leur encontre. Ils sont notamment poursuivis pour vol à main armée, association de malfaiteurs, détention illicite d’arme, recel, assassinat, abus de confiance et complicité. L’assassinat de Lancinè Diakité (Lasso) en 2023 avait profondément ému l’opinion public locale en raison des circonstances particulièrement violentes du crime et du profil de la victime, rapporte Guineematin.com à travers son envoyé spécial à Siguiri. Incarcérés à la maison d’arrêt de Siguiri depuis le 15 octobre 2023, Kaba Doumbouya alias Dradeny et Abou Kaba sont accusés d’avoir, le 10 octobre 2023 à Bouré Gare, dans la commune urbaine de Siguiri, volontairement donné la mort à Lancinè Diakité alias Lasso avec préméditation, à l’aide d’une arme à feu. Ils sont également poursuivis pour avoir frauduleusement soustrait la somme de 7 millions de francs guinéens et 35 000 francs CFA au préjudice de la victime. Quant à Lamine Diakité, frère du défunt, il est poursuivi pour complicité de vol à main armée et complicité d’assassinat. Kaba Doumbouya, âgé de 23 ans, mécanicien domicilié à Bananinkoro, célibataire et sans enfant, en état de récidive, a nié les faits. « Je ne reconnais pas les faits. Je ne disposais de rien », s’est-il défendu. Interrogé sur sa présence au moment des faits, cet accusé a clamé son innocence et a expliqué les circonstances de son arrestation. « J’étais à Kankan. Je ne suis revenu à Siguiri qu’une semaine après. Je vendais du chanvre indien à Kourouni. Mohamed Kaba est venu me proposer une moto en vente. Sory Traoré m’a déconseillé de l’acheter sans papiers, mais j’ai accepté. Nous sommes convenus du prix de 1 300 000 francs guinéens. Le lendemain matin, je lui ai remis l’argent. Plus tard, près de l’école Touba, alors que je consommais du chanvre indien, j’ai vu deux véhicules, un noir et un blanc. Des agents sont descendus, ont tiré des coups de sommation, m’ont menotté et embarqué. La prière du vendredi a été interrompue. Ils ont perquisitionné ma chambre et trouvé des habits et du chanvre indien. Je ne sais rien de cette affaire. Je vendais du chanvre avec Abou », a expliqué Kaba Doumbouya. À son tour, Abou Kaba, né en 1994, ferrailleur domicilié à Kankan, célibataire sans enfant, a également rejeté les accusations. « Je ne reconnais pas les faits. J’étais à Kankan. Je communiquais avec Kaba Doumbouya. Pour l’affaire de chanvre, je l’ai mis en contact avec un consommateur avec qui je passais la nuit. C’est Doumbouya qui m’a cité. Je ne connais rien de cette affaire », a-t-il déclaré. De son côté, Lamine Diakité, né en 1984 à Konkoyé (Mandiana), machiniste, marié et père de cinq enfants, a nié toute implication dans la mort de son jeune frère. « Rien ne s’est passé entre mon jeune frère et moi. J’étais en déplacement à Kignero quand ma femme m’a appelé pour m’informer qu’il avait été fusillé. Mon père m’a également appelé pour me dire la même chose. Je me suis rendu à l’hôpital de Siguiri. Nous avons ensuite décidé de l’évacuer vers Bamako, mais les médecins nous ont rappelés pour nous annoncer son décès », a-t-il dit. Interrogé sur les déclarations de son père affirmant qu’il aurait dit : « L’affaire de Lasso est finie. Dieu a fait son combat », Lamine Diakité a répondu : « Je n’ai jamais tenu ces propos, qu’on nous présente les témoins ». Concernant l’accusation selon laquelle il aurait déclaré que si Lasso construisait une maison, il ne l’habiterait pas, il a également démenti. Face au ministère public qui s’interrogeait sur les raisons pour lesquelles son père l’aurait traduit en justice, il a déclaré : « Mon père ne m’aime pas. J’ai construit ma propre maison pour quitter la concession familiale. Je fais tout pour lui rendre service, mais il ne m’apprécie pas ». À la barre, Elhadj Moro Diakité, cultivateur résidant à Konkoyé (préfecture de Mandiana), marié et père de 16 enfants, a exprimé ses soupçons à l’encontre de son fils Lamine. Selon lui, un différend foncier opposait Lamine et son frère (le défunt), qui souhaitait obtenir un espace pour construire sa maison. « Lamine a dit que si Lasso construisait, il ne l’habiterait pas. Je lui ai dit qu’en cas de problème, cela retomberait sur lui », a dit Elhadj Moro Diakité. Le jour des faits, après des obsèques familiales, Lasso s’était rendu sur son lieu de travail. Peu après, il aurait appelé son père pour lui dire qu’on lui avait tiré dessus. « J’ai appelé Lamine, qui m’a dit qu’il était à Djéya. Quarante jours après le décès, j’ai dit devant la mosquée que je doutais de lui, parce qu’il a été le premier à m’annoncer la mort de son frère. Je ne connais pas celui qui a tué mon fils, mais je doute de Lamine », a répété ce père éprouvé. Selon lui, les assaillants auraient emporté 150 000 francs CFA et une importante somme en francs guinéens. Le président du tribunal criminel de Siguiri, Mohamed Lamine Touré, a clos les débats et renvoyé l’affaire à ce mardi, 24 février 2026, pour les réquisitions et plaidoiries des parties. De Siguiri, Kaïn Naboun TRAORÉ envoyé spécial de Guineematin.com Tel : (+224) 621144 891

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