Tensions à la frontière entre la Guinée et le Libéria : « Aucun militaire guinéen n’a tiré un coup de feu »
2026-03-11 - 16:36
La situation reste tendue à la frontière entre la Guinée et le Libéria. Ce mercredi 11 mars 2026, des mouvements de colère ont été observés des deux côtés du fleuve Makona, dans la zone frontalière disputée de Kiéssènèye. Pour la deuxième journée consécutive, plusieurs citoyens libériens se sont mobilisés dans cette localité afin de protester contre l’implantation, la veille, du drapeau guinéen par des militaires guinéens. Cette initiative a ravivé les tensions autour de cette zone revendiquée par les deux pays. Côté guinéen, des habitants de la préfecture de Guéckédou se sont également mobilisés, certains tentant de traverser le fleuve pour rejoindre les lieux et faire face aux manifestants libériens. Mais les autorités des deux États ont rapidement réagi en prenant des dispositions afin d’éviter toute confrontation entre les populations. Dans la journée, plusieurs médias libériens ont annoncé que des militaires guinéens auraient franchi le fleuve Makona et tiré des coups de feu dans la partie libérienne, blessant quelques citoyens. Une information aussitôt démentie par les autorités guinéennes. S’exprimant en direct sur la radio rurale locale, le préfet de Guéckédou, le général Kandia Mara, a rejeté catégoriquement ces accusations. « C’est archi-faux », a-t-il déclaré, assurant qu’ « aucun militaire guinéen n’a tiré un coup de feu ». Selon lui, c’est plutôt la police libérienne qui est intervenue pour disperser des manifestants venus de la localité de Foya, au Libéria. Le préfet précise aussi que les jeunes mobilisés à Guéckédou n’ont pas traversé le fleuve. Il dit avoir sollicité l’appui du patriarche des Kissiens pour les sensibiliser afin d’éviter un affrontement entre les deux camps. Le préfet a également appelé les habitants de Guéckédou au calme et à poursuivre leurs activités quotidiennes. « Restez tranquilles et vaquez à vos affaires. Les questions de délimitation se règlent entre les deux États et non entre les populations », a-t-il lancé, ajoutant qu’ il n’y a aucun problème. De son côté, le gouvernement libérien tente aussi d’apaiser les tensions. Dans un communiqué publié hier soir, le ministre de l’Information du Libéria a lancé un appel au calme, assurant que les « efforts diplomatiques se poursuivent » pour résoudre le différend. « Le Gouvernement assure à tous les citoyens et résidents qu’il a pris des mesures face à la situation qui se déroule le long de la frontière entre le Libéria et la Guinée et qu’il traite activement la question par le biais des canaux diplomatiques établis », a-t-il indiqué. Selon le ministre Jerolinmek Matthew Piah, ces efforts visent « à garantir que les tensions à la frontière soient résolues pacifiquement et dans l’esprit de bon voisinage qui a longtemps caractérisé les relations entre les deux nations sœurs ». Le communiqué précise que le gouvernement libérien travaille en étroite coordination avec les institutions nationales et locales concernées, lesquelles sont également en contact avec leurs homologues guinéens afin de prévenir toute escalade et de promouvoir un dialogue visant à résoudre toute préoccupation pouvant surgir le long de la frontière. Les autorités libériennes exhortent les citoyens, en particulier ceux vivant dans les zones frontalières, « à rester respectueux de la loi et à se fier uniquement aux informations vérifiées provenant des sources officielles du gouvernement ». Ces tensions ont commencé le 2 mars 2026 près du poste frontalier de Sorlumba, dans le district de Foya, comté de Lofa. Des militaires guinéens ont traversé le fleuve Makona pour interrompre des activités d’extraction de sable menées dans le fleuve Makona par une entreprise libérienne. Ils ont confisqué le matériel de travail de l’entreprise, soulignant que le fleuve relève de la souveraineté guinéenne et que toute activité sur les lieux doit être autorisée par les autorités guinéennes. Pendant que des discussions étaient en cours entre les autorités des deux pays en vue de résoudre cette affaire, un autre problème vient envenimer la situation. Des militaires libériens décident de déplacer leur drapeau national qui, selon les autorités guinéennes, se trouvait à environ 800 mètres du fleuve Makona pour le hisser à seulement un mètre des lieux. Ce qui a entraîné une vive protestation de la partie guinéenne. C’est ainsi qu’une rencontre s’est tenue dimanche dernier dans la ville de Guéckédou (Guinée) en présence du ministre guinéen de l’Administration du territoire et de la Décentralisation et du ministre de l’Intérieur du Libéria. Les deux parties sont convenues de travailler de concert afin de préserver la paix et la stabilité le long de leur frontière commune. Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com Tel. 628 12 43 62