Tensions à la frontière Guinée-Libéria : le message d’apaisement du gouvernement libérien
2026-03-11 - 11:26
Le gouvernement du Libéria a réagi aux derniers développements de la situation tendue à la frontière guinéo-libérienne. Monrovia a lancé un appel au calme, assurant que les « efforts diplomatiques se poursuivent » pour résoudre le différend. « Le Gouvernement assure à tous les citoyens et résidents qu’il a pris des mesures face à la situation qui se déroule le long de la frontière entre le Libéria et la Guinée et qu’il traite activement la question par le biais des canaux diplomatiques établis », a indiqué le ministère libérien de l’Information dans un communiqué publié dans la soirée du mardi 10 mars 2026. Selon le ministre Jerolinmek Matthew Piah, ces efforts visent « à garantir que les tensions à la frontière soient résolues pacifiquement et dans l’esprit de bon voisinage qui a longtemps caractérisé les relations entre les deux nations sœurs ». Le communiqué précise que le gouvernement libérien travaille en étroite coordination avec les institutions nationales et locales concernées, lesquelles sont également en contact avec leurs homologues guinéens afin de prévenir toute escalade et de promouvoir un dialogue visant à résoudre toute préoccupation pouvant surgir le long de la frontière. Les autorités libériennes appellent donc les citoyens, en particulier ceux vivant dans les zones frontalières, « à rester respectueux de la loi et à se fier uniquement aux informations vérifiées provenant des sources officielles du gouvernement ». Elles encouragent également les citoyens « à éviter de diffuser des informations non vérifiées susceptibles de créer des craintes ou des malentendus inutiles ». Selon la presse libérienne, les problèmes ont commencé le 2 mars 2026 près du poste frontalier de Sorlumba, dans le district de Foya, comté de Lofa. Des militaires guinéens ont traversé le fleuve Makona pour interrompre des activités d’extraction de sable menées dans le fleuve Makona par une entreprise libérienne. Ils ont confisqué le matériel de travail de l’entreprise, soulignant que le fleuve relève de la souveraineté guinéenne et que toute activité sur les lieux doit être autorisée par les autorités guinéennes. Et pendant que des discussions étaient en cours entre les autorités des deux pays en vue de résoudre cette affaire, un autre problème vient envenimer la situation. Des militaires libériens décident de déplacer leur drapeau national qui, selon les autorités guinéennes, se trouvait à environ 800 mètres du fleuve Makona pour le hisser à seulement un mètre des lieux. Ce qui a entraîné une vive protestation de la partie guinéenne. C’est ainsi qu’une rencontre s’est tenue dimanche dernier dans la ville de Guéckédou (Guinée) en présence du ministre guinéen de l’Administration du territoire et de la Décentralisation et du ministre de l’Intérieur du Libéria. Les deux parties sont convenues de travailler de concert afin de préserver la paix et la stabilité le long de leur frontière commune. Mais deux jours seulement après, les tensions ont repris ce mardi 10 mars, lorsque des militaires guinéens sont allés hisser le drapeau national dans une zone disputée. Choqués par cet acte, qu’ils considèrent comme un envahissement, plusieurs citoyens libériens sont venus installer aussi leur drapeau sur les lieux et entonner leur hymne national. Finalement, les militaires guinéens ont fait descendre le drapeau de la Guinée et se sont retirés des lieux dans la soirée. Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com Tel. 628 12 43 62