TPI de Kankan : Mamby Condé, 88 ans, maintenu en détention dans l’affaire des affrontements à Gbérédou Baranama
2026-02-01 - 10:28
L’examen du dossier relatif aux violences meurtrières de Gbérédou Baranama a donné lieu à de vifs échanges hier, vendredi 30 janvier 2026, devant le Tribunal de première instance (TPI) de Kankan, où se poursuivent les audiences criminelles. Au centre de la controverse : Mamby Condé, 88 ans, sotikèmo de Baranama, maintenu en détention malgré l’état de santé jugé préoccupant par sa défense. Présenté par le ministère public comme l’un des acteurs majeurs des affrontements sanglants ayant opposé Gbérédou Baranama à Sannana, l’octogénaire est apparu à la barre visiblement affaibli. Peinant à se tenir debout et soutenu dans ses déplacements, son état physique a suscité de nombreuses réactions au sein de la salle d’audience, rapporte un des correspondants de Guineematin.com à Kankan. S’appuyant sur ces éléments, Me Mohamed II Kourouma, conseil de la défense, a plaidé pour une mise en liberté provisoire de son client. L’avocat a invoqué des considérations humanitaires, estimant que le maintien en détention d’un homme de 88 ans, dans l’attente de la suite de la procédure, constituait une atteinte à sa dignité et à son droit à la santé. Cette requête a cependant été rejetée par le parquet et la partie civile, qui y ont vu un risque pour le bon déroulement de l’instruction criminelle encore en cours. Prenant la parole, le substitut du procureur près le TPI de Kankan, Bangaly Feindouno, a rappelé le cadre légal applicable en matière criminelle. Selon lui, l’âge avancé de l’accusé ne saurait, en l’absence d’éléments probants, justifier une mesure de mise en liberté. « En matière criminelle, la loi est claire : l’accusé renvoyé devant le tribunal doit se constituer prisonnier. La liberté provisoire peut être sollicitée, mais uniquement lorsqu’elle repose sur des fondements sérieux », a-t-il soutenu. Le magistrat a également souligné que la défense n’avait versé au dossier aucun document médical attestant de l’état de santé de l’accusé. « Il est allégué que Mamby Condé est malade, mais aucun certificat médical n’a été produit pour éclairer la religion du tribunal », a-t-il insisté, ajoutant que les parties civiles n’avaient pas encore été entendues. Après en avoir délibéré, le tribunal a rejeté la demande de mise en liberté provisoire, estimant qu’elle ne répondait ni aux exigences juridiques ni aux critères médicaux requis. Au sortir de l’audience, Me Mohamed II Kourouma a exprimé son indignation face à cette décision. « Vous avez tous vu un homme de 88 ans. Le maintenir en prison jusqu’au renvoi ou jusqu’à la fin du procès est décourageant et inacceptable », a-t-il déclaré, visiblement courroucé, tout en prenant acte de la décision du tribunal. Le procès a été renvoyé au 23 février 2026 pour la poursuite des débats, notamment l’audition des parties civiles, dans cette affaire sensible liée aux violences intercommunautaires de Gbérédou Baranama. Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com