Trafic de cocaïne à Kourémalé : 10 ans de prison requis contre deux femmes
2026-02-27 - 12:25
Incarcérées à la maison d’arrêt de Siguiri depuis le 15 juillet 2024, Aminata Mansarey et Jennette Koumba N’Gégba ont comparu jeudi, 26 février 2026, devant le tribunal de première instance de Siguiri. Elles sont poursuivies pour détention illicite de drogue à haut risque (cocaïne). Ces faits sont prévus et punis par les articles 585, 593, 594, 619, 620 et 819 du Code pénal, a appris Guineematin.com à travers son envoyé spécial. Ces dames, de nationalité sierra-léonaise, ont été interpellées courant juillet 2024 dans la sous-préfecture de Kourémalé, située à la frontière guinéo-malienne. Elles étaient en possession de dix plaquettes de cocaïne qu’elles transportaient vers le Ghana. Dans sa déposition, Aminata Mansarey, âgée de 48 ans, veuve et mère de trois enfants, résidant à Freetown, n’est pas allée au dos de la cuillère. Elle a reconnu les faits mis à sa charge. « Je reconnais les faits, mais je disposais de cinq plaquettes. Un jour, en Sierra Leone, nous étions dans un restaurant lorsqu’un jeune homme nous a proposé de nous vendre quelque chose. Il nous a montré la marchandise. J’ai personnellement acheté cinq plaquettes, dont une à 2 500 000 leones. Avant cela, j’avais dit à une connaissance que je voulais revendre mes congélateurs. Une autre personne les a achetés et c’est cet argent que j’ai utilisé pour acheter la cocaïne. J’ai ensuite montré la marchandise à une femme qui m’a mise en contact avec une autre au Ghana. Nous avons cherché les frais de transport pour effectuer le voyage. Nous sommes passées par Pamelap pour rentrer à Conakry, où nous avons passé la nuit. Le lendemain, nous avons pris la route pour Bamako. À Kourémalé, nous avons voulu passer par la route de contournement avec un motard. C’est à ce moment que des agents nous ont interpellées et ont procédé à la fouille. C’est la première fois que je voyais cette poudre blanche. Lors de l’achat, il y avait dix plaquettes : j’en ai acheté cinq et Jennette a acheté les cinq autres. Je ne recommencerai plus. Si je recommence, condamnez-moi à vie. Je n’ai pas les moyens, mes enfants étudient », a-t-elle plaidé. Appelée à la barre, Jennette, âgée de 41 ans, marchande, divorcée et mère de deux enfants, domiciliée à Freetown, a abondé dans le même sens. « Je reconnais les faits. Nous avons acheté les dix plaquettes auprès d’un jeune homme, dont cinq pour moi. J’ai acheté une plaquette à 2 500 000 leones. Ce n’est qu’à la justice, lors de l’ouverture des paquets, que j’ai su que c’était de la cocaïne. Le jeune nous avait dit que c’en était au moment de l’achat. C’est ma première expérience. Je demande pardon. Cela ne se reproduira plus », a-t-elle regretté. Dans ses réquisitions, le ministère public a requis dix ans de réclusion criminelle contre Aminata Mansarey et Jennette Koumba N’Gégba. Il a également demandé leur interdiction du territoire guinéen pendant dix ans, ainsi que l’incinération des dix plaquettes de cocaïne saisies. Dans sa plaidoirie, l’avocat de la défense, Me Mamadi Doumbouya, a sollicité du tribunal l’octroi de larges circonstances atténuantes en faveur de ses clientes. Le juge audiencier, Mohamed Lamine Touré, a mis l’affaire en délibéré pour rendre sa décision le lundi 2 mars 2026. De Siguiri, Kaïn Naboun Traoré, envoyé spécial de Guineematin.com Tél. : (+224) 621 14 48 91