Tribunal de Siguiri : 4 personnes jugées pour vol à main armée et association de malfaiteurs
2026-02-24 - 11:55
Le dossier impliquant Amadou Manthos Keïta, Issiaga Kallo alias Papi, Ousmane Traoré alias Farananfa et Yacouba Koulibaly (en fuite) s’est ouvert hier, lundi 23 février 2026, devant le tribunal de première instance de Siguiri. Les accusés sont poursuivis pour vol à main armée, association de malfaiteurs, recel de malfaiteurs et complicité, au préjudice de Demba Traoré, Mohamed Magassouba et Adama Traoré. Les faits sont prévus et punis par les articles 19, 20, 381, 712 et 784 du Code pénal. Selon l’ordonnance de renvoi, les mis en cause auraient, dans les nuits des 19, 20 et 21 mars 2024 à Bananinkoro (dans la commune urbaine de Siguiri), établi une entente et formé un groupe dans le but de commettre un vol à main armée contre Mohamed Magassouba. Ces attaques auraient été perpétrées à ORS et Bananinkoro. Il est notamment reproché à Issiaga Kallo d’avoir, à l’aide d’une arme de type PMK, frauduleusement soustrait 11 millions de francs guinéens, une moto de marque Haoji et sept téléphones (dont quatre smartphones et trois téléphones simples) au préjudice d’Adama Traoré, ainsi qu’un montant de 340 millions de francs guinéens au préjudice de Mohamed Magassouba. Amadou Manthos Keïta et Ousmane Traoré sont, quant à eux, poursuivis pour association de malfaiteurs et complicité de vol à main armée. Les accusés rejettent les faits Issiaga Kallo, 25 ans, soudeur domicilié à Siguiri Koura 2 et présenté comme récidiviste, a reconnu avoir cité des noms sous la contrainte. « J’étais à moto à Bananinkoro quand trois personnes m’ont donné des coups de pied en disant que c’était moi et mes amis qui avions commis l’attaque. Ils m’ont conduit à la fonderie d’or où l’attaque s’est produite. Par peur, j’ai déclaré que nous en étions les auteurs. À la gendarmerie, j’ai été contraint de donner les noms de mes amis du quartier, Farananfa et Manthos. Ceux qui m’ont arrêté ont vérifié la moto Haojue et ont dit qu’elle ne leur appartenait pas. C’est ma moto. Je regrette d’avoir dénoncé Manthos et Farananfa. Je leur présente toutes mes excuses », a-t-il dit. Il a reconnu avoir pris de l’argent des mains d’Amadou Manthos Keïta. « Manthos m’a donné 500 000 francs guinéens pour que je ne cite pas son nom à ceux qui viendraient m’interroger, en disant qu’il ne faisait pas partie des auteurs. Comme j’étais en prison et que je mangeais mal, j’ai accepté de prendre l’argent. Je regrette », a-t-il déclaré. De son côté, Ousmane Traoré alias Farananfa, né en 1993 à Faranah, mécanicien, domicilié à Siguiri Koura 2, célibataire sans enfant, a catégoriquement nié les faits mis à sa charge. « Je ne reconnais pas les faits », a-t-il rejeté. Interrogé par le juge sur les raisons de sa présence dans cette procédure, il a répondu en ces termes : « J’ai été alerté au quartier que j’étais activement recherché par les forces de sécurité ». À la question de savoir pourquoi il se serait réfugié dans une maison inachevée, Ousmane Traoré a précisé : « Quand je les ai vus, j’ai tenté de me cacher. Ils ont mis la main sur un de mes petits, et c’est lui qui me les a montrés. Je ne me suis pas caché dans une maison inachevée. On s’est croisés dans la circulation au quartier. Yakouba Keïta ne m’a pas apporté à manger dans une maison inachevée. C’était plutôt dans un vidéoclub où je regardais le match ». Quant à Amadou Manthos Keïta, né le 1er janvier 1995, linguiste, célibataire et père de deux enfants, également résident à Siguiri Koura 2, il affirme avoir disposé d’un alibi. « L’attaque du 20 m’a trouvé au mariage de mon grand frère, à 15 kilomètres de la ville. Nous étions même avec le commissaire adjoint de Siguiri et plusieurs policiers. Le doyen des juges d’instruction a vu les images », a-t-il dit. Il a évoqué également ses liens avec le coaccusé. « Issiaga Kallo est le fils de ma grande sœur. Farananfa, je l’avais perdu de vue trois ans avant mon arrestation. On m’avait dit qu’il souffrait de troubles mentaux. Issiaga Kallo a cité mon nom en espérant que feu mon père pourrait nous aider à sortir de prison. Ensuite, comme il a été condamné à un an et dix mois de prison, à sa sortie je lui faisais des reproches. C’est peut-être pour ces raisons qu’il m’a cité », a-t-il indiqué. Après les débats, le président du tribunal, le juge Mohamed Lamine Touré, a renvoyé l’affaire à ce mardi, 24 février 2026, pour la comparution de la partie civile, les éventuelles réquisitions du ministère public et les plaidoiries de la défense. De Siguiri, Kaïn Naboun TRAORÉ envoyé spécial de Guineematin.com Tel : (+224) 621144 891