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Un conflit entre voisins jugé à Conakry : « Il a pris une machette en disant qu’il faut qu’il tue »

2026-02-25 - 08:34

Poursuivi pour des faits de menaces de mort et de destruction de biens publics, Alimou Diallo a comparu lundi, 23 février 2026, devant le tribunal de Mafanco. À la barre, le prévenu a catégoriquement nié les faits qui lui sont reprochés, soutenant au contraire avoir été victime d’une agression de la part d’Aboubacar Sow, partie civile dans cette affaire. Pourtant, ce dernier affirme avoir filmé ses agissements ainsi que les menaces de mort proférées par Alimou Diallo, a constaté sur place Guineematin.com à travers une de ses journalistes. À l’origine de cette affaire, un conflit de voisinage. Alimou Diallo et Aboubacar Sow habitent des concessions voisines. Selon nos informations, M. Sow est en train d’ériger un immeuble de type R+6, toujours en construction. Mais, pour Alimou Diallo, le chantier ne serait pas suffisamment sécurisé. Il affirme que des agrégats tombent régulièrement sur sa maison, causant des dégâts. Des affirmations fermement contestées par la partie civile. Informaticien de profession, marié et père de trois enfants, Alimou Diallo est domicilié à Koloma. Détenu à la maison centrale de Conakry depuis le 4 février 2026, il est poursuivi pour menaces de mort et destruction de biens. Des faits qu’il a catégoriquement niés devant cette juridiction et a livré sa version des faits. « Je dormais aux environs de 10h quand une brique a quitté le 5ème étage et est tombée sur notre annexe. Je suis sorti pour aller dire aux travailleurs de dire à leur employeur de sécuriser la zone de travail en mettant des filets. Quand j’ai dit ça, certains travailleurs ont voulu m’attaquer avec leurs instruments de travail, des bois, des pelles et autres. Je n’ai jamais cherché à attaquer quelqu’un », a déclaré le prévenu, rejetant ainsi toute intention de violence. Il affirme n’avoir fait que réclamer des mesures de sécurité. Né en 1992 à Dalaba, Aboubacar Sow est marié et père de deux enfants. A son tour, il a contesté fermement la version donnée par la partie civile. Il affirme que le conflit dure depuis plusieurs mois et que les incidents se sont multipliés. « Il y a eu beaucoup de choses qui se sont passées entre nous. La première fois que nous sommes venus dans le quartier pour construire, on a fait une clôture avec des tôles, il est venu la détruire. Il a pris la machine avec laquelle les ouvriers travaillaient, il l’a gardée pendant deux mois. Il a fallu beaucoup de négociations chez le chef de quartier afin qu’on puisse la récupérer. C’est comme ça tout le temps. Il va même jusqu’à jeter des cailloux dans notre concession et après il s’excuse. Je suis plusieurs fois allé à l’habitat pour son cas. Ce sont eux qui m’ont dit de filmer nos altercations à l’avenir. Le samedi 10 janvier, il est venu saccager notre porte, causant la frayeur chez tout le monde. Il est reparti prendre une machette en disant qu’il faut qu’il tue, qu’il allait tuer mon petit frère. C’est sa marâtre qui est venue le chercher à la devanture de notre portail. Il dit qu’on n’a pas sécurisé la zone alors qu’on a pris toutes les précautions. Tellement qu’on a peur de lui, ce ne sont même pas des filets qu’on a mis mais des bâches, tout ça pour éviter qu’un agrégat tombe sur sa concession. Mais le problème avec lui, il peut te saluer aujourd’hui et demain il vient derrière ta cour pour t’insulter », a déclaré Aboubacar Sow. À l’issue des débats, le tribunal, présidé par la juge Mariama Camara, a décidé de renvoyer l’affaire au 9 mars 2026 pour la comparution des témoins cités par les parties. Mariama Barry pour Guineematin.com

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