Un ferrailleur condamné pour coups et blessures : « Je l’ai trouvé couché sur la tombe de mes grands-parents »
2026-03-27 - 08:22
Le tribunal correctionnel de Forécariah a rendu son verdict mercredi 25 mars 2026 dans une affaire de coups et blessures volontaires impliquant un mineur. Daouda Bangoura, ferrailleur de profession, domicilié à Fatako 1, placé en détention préventive depuis le 11 mars dernier, a été condamné à 16 jours d’emprisonnement assortis de sursis et au paiement d’une amende de 500 000 francs guinéens. À la barre, le prévenu avait accusé la victime de s’être couchée sur la tombe de ses grands-parents, rapporte Guineematin.com à travers son envoyé spécial. Selon les faits rapportés à l’audience, Daouda Bangoura est poursuivi pour avoir violemment frappé un adolescent de 17 ans, Daouda Touré. La plainte avait été déposée par la mère de la victime, Maciré Cissé, après que son fils, sérieusement blessé, a subi une incapacité temporaire de travail. L’incident se serait produit alors que le jeune garçon était couché sur une tombe dans un cimetière, ce qui aurait provoqué la colère du prévenu. À la barre, Daouda Bangoura a reconnu les faits. Il a expliqué avoir surpris l’adolescent allongé sur la tombe de ses grands-parents, en train d’écouter de la musique. N’obtenant pas de réponse satisfaisante à ses questions, il affirme avoir perdu son sang-froid et lui avoir administré des coups de fouet. Le prévenu a également indiqué qu’il ignorait l’état de santé de la victime au moment des faits et qu’il avait ensuite présenté ses excuses après l’intervention des habitants du quartier. « Je l’ai frappé, c’était un vendredi, vers 12 h. J’ai trouvé que le petit était couché sur la tombe de mes grands-parents, il écoutait de la musique. J’ai fait un tour, puis un deuxième, pour voir s’il respirait : il était bien vivant. Je lui ai demandé ce qu’il faisait là, il a dit qu’il était venu sur la tombe de son grand-père. Je lui ai demandé le nom de son grand-père, il n’a pas répondu. Après, j’ai commencé à le frapper. Il s’est mis à crier et à insulter. C’était la première fois que je voyais cet enfant, je ne le connaissais pas. Ensuite, on m’a interpellé pour me dire que j’avais frappé l’enfant de quelqu’un. Lorsque nous sommes allés chez le chef de quartier, sa mère est venue me prendre au collet. J’ai demandé pardon, mais on m’a insulté là-bas. Lorsque je suis allé au travail, en mon absence, la CMIS de Madina est partie arrêter un membre de ma famille à ma place. Après, on m’a appelé au téléphone... Je ne savais pas qu’il était mentalement malade », a-t-il expliqué. De son côté, la mère du mineur a déclaré avoir subi des pressions de la notabilité locale pour retirer sa plainte. Elle a finalement choisi de pardonner au prévenu, évoquant notamment les démarches entreprises par des responsables religieux et des habitants pour une réconciliation. Malgré ce pardon, elle a rappelé que son enfant, scolarisé en sixième année, avait été sérieusement touché. Représentant le ministère public, la procureure Kadiatou Cissé a estimé que le désistement de la partie civile ne pouvait effacer l’infraction déjà commise. Elle a requis trois mois d’emprisonnement avec sursis, une amende de 500 000 GNF, ainsi que le remboursement des frais médicaux engagés par la famille de la victime. Elle a insisté sur la gravité des violences exercées contre un mineur. Après en avoir délibéré, la présidente du tribunal a finalement retenu la culpabilité de Daouda Bangoura pour coups et blessures volontaires. Elle l’a condamné à 16 jours de prison assortis de sursis, ainsi qu’au paiement d’une amende de 500 000 francs guinéens. Ismaël Diallo pour Guineematin.com Tél. : 624 69 33 33