Un huissier de justice envoie son assistant au tribunal : « C’est parce que je me suis plaint de ses échanges avec ma femme… »
2026-03-14 - 08:55
Le procès opposant Me Abdoulaye Bangoura, huissier de justice, à son assistant Cécé Monémou s’est poursuivi ce jeudi 12 mars 2026 au Tribunal de première instance de Kaloum. L’audience du jour a été consacrée à la production de nouvelles pièces par la partie civile ainsi qu’aux réquisitions et plaidoiries, a constaté un journaliste de Guineematin.com qui était sur place. Il n’y a pas longtemps, ils étaient de proches collaborateurs se faisant mutuellement confiance. Aujourd’hui, ils s’affrontent devant le tribunal correctionnel de Kaloum dans une affaire mêlant perte de matériels de travail et soupçons d’adultère. C’est l’huissier de justice, Me Abdoulaye Bangoura, qui poursuit son assistant Cécé Monémou pour des faits d’abus de confiance et de diffamation. Le plaignant, représenté par un de ses frères dans cette procédure, accuse son désormais ex-collaborateur d’avoir détourné deux ordinateurs portables qui lui ont été remis pour faire son travail. Des accusations rejetées en bloc par le prévenu, qui comparaît libre dans cette affaire. Cécé Monémou reconnaît avoir reçu deux ordinateurs de marque HP et Lenovo de la part de son maître de stage. Mais il assure avoir perdu les deux machines et non les avoir détournées. Selon lui, le premier ordinateur a été volé dans sa voiture par des passagers qu’il avait pris en route pendant qu’il rentrait du travail. Le second aussi, dit-il, a été subtilisé dans son sac avec son ordinateur personnel. À la barre, il explique que le premier vol a eu lieu pendant que son patron était sur le point de voyager au Canada. Le prévenu soutient que lorsqu’il a informé son patron de ce cas de vol, ce dernier a dit qu’il lui pardonnait. Pour preuve, dit-il, Me Abdoulaye Bangoura lui a donné un autre ordinateur afin de pouvoir faire fonctionner son cabinet pendant la période de son absence. Mais lorsqu’il déclare la perte de cette seconde machine, son patron lui demande cette fois de payer. Cécé Monémou prend l’engagement d’acheter un ordinateur pour remplacer celui qui est perdu. Mais entre-temps, l’affaire prend une autre tournure. En effet, l’assistant découvre que son épouse échange des messages avec son patron qui se trouvait déjà au Canada. C’est ainsi qu’il décide de se plaindre auprès de l’épouse de Me Bangoura, demandant à cette dernière de dire à son mari d’arrêter d’échanger avec son épouse. Selon lui, c’est cette réaction qui a poussé son patron à engager des poursuites judiciaires contre lui et à réclamer la restitution même de la première machine perdue. Lorsque l’affaire a été portée devant la gendarmerie, Cécé Monémou a acheté deux ordinateurs de marque Lenovo, mais le propriétaire a refusé de les prendre, arguant que leur qualité n’était pas satisfaisante. C’est ainsi que le dossier a été déféré devant le tribunal avec les deux ordinateurs achetés par le prévenu. À l’audience de ce jeudi, il était attendu que la partie civile produise des pièces permettant d’établir les faits de diffamation. Mais les éléments déposés comportent uniquement des messages échangés entre le plaignant et l’épouse du prévenu. C’est pourquoi, dans ses réquisitions, le procureur a demandé au tribunal d’écarter les accusations de diffamation. Le représentant du ministère public a également souligné qu’« il n’y a pas d’éléments de preuve qui puissent permettre d’imputer les faits d’abus de confiance au prévenu ». Il requiert donc son renvoi des fins de la poursuite pour délits non constitués à son encontre. Toutefois, le procureur demande au tribunal de condamner Cécé Monémou à restituer les deux ordinateurs ou leur équivalent. De son côté, l’avocat de la défense a déclaré que son client « n’a ni détourné ni dissipé » quoi que ce soit. « C’est malgré lui que les machines ont été volées », a-t-il assuré. Il ajoute que Cécé Monémou « n’a ni diffamé ni injurié son patron. Il s’est tout simplement plaint après avoir constaté des échanges intimes entre son patron et sa femme, et c’est légitime ». L’avocat demande au tribunal de constater que « la restitution des deux ordinateurs a été entièrement faite ». Après avoir écouté les différentes parties, la juge Apolline Gobou Théa a renvoyé l’audience au 2 avril prochain pour rendre sa décision. Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com Tél. : 628 12 43 62