Un Indien condamné à Conakry : les parties civiles craignent sa fuite avant l’application de la décision
2026-03-03 - 17:06
Comme annoncé précédemment, un citoyen indien, Sudhanshu DAS, a été condamné ce mardi 3 mars 2026, à Conakry. Il était poursuivi pour escroquerie par les responsables des Établissements AOB et Frères et de la société Traoré Négoce. Le Tribunal de première instance de Kaloum l’a déclaré non coupable sur l’action publique, mais a estimé que son comportement a causé des préjudices aux parties civiles. La juridiction a ainsi condamné le prévenu à rembourser 94 474 dollars aux Établissements AOB et Frères et 160 693 dollars à la société Traoré Négoce Agro-industrie. Il devra également verser un montant d’un milliard de franc guinéen aux deux parties civiles à titre de dommages et intérêts. Une décision accueillie avec inquiétude et interrogation par les plaignants. « C’est une décision quelque peu incompréhensible », a réagi Me Lancinet Sylla, l’un des avocats des parties civiles, au sortir de l’audience. « Parce que sur l’action publique par rapport à laquelle tous les éléments constitutifs des faits d’escroquerie sont réunis, le tribunal a déclaré Sudhanshu DAS non coupable des faits d’escroquerie. Cependant, sur l’action civile, le même tribunal et sur le fondement des faits qui lui sont reprochés, estime que son comportement est constitutif du préjudice à l’égard de nos clients. Pour ces faits, le tribunal l’a condamné... », a souligné l’avocat. Le souci des plaignants, c’est comment la décision rendue par le tribunal sera appliquée. Car le condamné est libre, alors qu’il n’a pas de résidence permanente en Guinée. Ce qui lui donne la possibilité de s’enfuir. « La question qui se pose maintenant est de savoir quelles garanties (les parties civiles ont pour l’application de cette décision). Puisque toutes les garanties que nous avons sollicitées, aucune n’a été accordée. Ce monsieur qui n’a pas de résidence habituelle en République de Guinée peut à tout moment sortir du territoire national. Et s’il sortait, quelles garanties disposent nos clients pour pouvoir se faire payer ? C’est toute la question qui se pose », a dit Me Sylla. C’est pourquoi, l’avocat annonce qu’ils vont s’entretenir avec leurs clients « pour voir ce qu’il y a lieu de faire en termes d’exercice des voies de recours, en termes de dispositions pratiques à prendre » pour ne pas que le condamné leur échappe. Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com Tel :620 589 527/664 413 227