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Une femme jugée au tribunal de Kaloum : « C’est moi qui gérais notre tontine, mais seul Dieu sait où se trouve l’argent »

2026-03-16 - 08:55

Maférin Camara, femme de ménage, célibataire et mère d’un enfant, a comparu jeudi 12 mars 2026 devant le tribunal correctionnel de Kaloum. Elle est poursuivie pour « abus de confiance et organisation frauduleuse de l’insolvabilité par la violation des engagements pris entre adhérents d’une association de tontine ». À la barre, la prévenue a avancé une défense pour le moins surprenante. Elle a déclaré que seul Dieu sait où se trouve l’argent qu’elle était chargée de gérer, a constaté Guineematin.com à travers l’un de ses journalistes. Maférin Camara est poursuivie par quatre membres de l’association de tontine qu’elle avait créée. Les plaignants accusent la jeune femme d’avoir détourné un montant total de 13 millions de francs guinéens qu’ils lui ont remis dans le cadre de leur tontine. Devant le tribunal, la prévenue a rejeté les accusations d’abus de confiance. Elle reconnaît toutefois avoir reçu le montant réclamé par les plaignants et ne pas avoir remis à ces derniers l’argent qu’ils étaient censés recevoir en retour. Elle explique que son association regroupait 23 personnes. Chaque membre s’acquittait d’une cotisation quotidienne de 50 000 francs. Et au bout de trois jours, un membre prenait le montant total mobilisé. Mais les quatre parties civiles dans cette affaire ont versé leur part de cotisation pendant plusieurs semaines sans rien percevoir en retour. C’est ainsi qu’elles ont décidé de porter l’affaire devant la justice pour réclamer la restitution de leur argent. Appelée à s’expliquer sur cette situation, Maférin Camara a déclaré que les quatre plaignants n’ont pas reçu leur argent « parce que l’association était mélangée, je ne comprenais plus rien dans cette affaire ». Et lorsque le tribunal lui demande des précisions sur ce qui était mélangé, elle répond que « seul Dieu le sait », ajoutant aussi que « seul Dieu sait où se trouve l’argent » que lui ont remis les plaignants. Plutôt que de donner des explications, la prévenue se confond en excuses, implorant le pardon des parties civiles et la clémence du tribunal. « Je vous demande pardon. Si vous me libérez, je vais me battre pour payer leur argent. Mais si vous me maintenez en prison, je ne peux pas les rembourser », a-t-elle déclaré. Le tribunal l’interroge alors sur la manière dont elle compte restituer l’argent des plaignants. Mais Maférin Camara ne donne aucune réponse à cette question. « Je leur demande de me pardonner. Si j’avais des parents à Conakry, j’allais solliciter leur aide. Mais mes parents sont au village, c’est plutôt moi qui leur envoie de l’argent », a-t-elle indiqué. Une demande aussitôt rejetée par les quatre parties civiles, qui estiment que la prévenue n’a pas l’intention de restituer leur argent. À l’issue des débats, le procureur a demandé au tribunal de déclarer Maférin Camara coupable des faits qui lui sont reprochés. En plus du paiement des 13 millions de francs réclamés par les parties civiles, le représentant du ministère public requiert trois ans d’emprisonnement ferme et une amende de 500 000 francs contre la prévenue. La décision du tribunal est attendue le 18 mars prochain. En attendant, Maférin Camara retourne à la Maison centrale de Conakry, où elle est détenue depuis le 20 février 2026. Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com Tél. : 628 12 43 62

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