TheGuineaTime

Vente d’une parcelle familiale sans tous les héritiers : Aminata Bah risque deux ans de prison

2026-01-28 - 08:23

Poursuivie pour stellionat, pour avoir cédé une parcelle dont elle n’est pas la seule propriétaire, Aminata Bah risque deux ans de prison ferme au tribunal de Dixinn. Telle est la peine requise à son encontre à l’occasion de l’audience correctionnelle de ce lundi, 26 janvier 2026. La prévenue est accusée d’avoir vendu une parcelle à 350 millions de francs guinéens, en « écartant » un des héritiers, fils de de son mari décédé. L’acheteur, Mamadou Adama Diallo, s’étant rendu compte de la mésentente familiale autour du domaine, réclame désormais son argent dans cette affaire, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters. Dans ce dossier, la prévenue Aminata Bah comparaît libre. Elle est accusée d’avoir cédé un ‘’immeuble’’ dont elle n’était pas propriétaire, pour un montant de 350 millions de francs guinéens. Interrogée à la barre, elle a reconnu avoir vendu la parcelle, tout en soutenant que le domaine appartenait à son défunt mari et qu’elle et ses enfants en étaient héritiers. Toutefois, le litige est né de l’existence d’un autre héritier, Thierno Mamadou Barry, fils du défunt propriétaire, mais qui n’est pas enfant biologique de la prévenue. Ce dernier n’aurait pas été mentionné dans le jugement d’hérédité. Donc, il s’est opposé à la vente effectuée par sa marâtre et ses demi-frères et sœurs. À la barre, Aminata Bah a livré sa version des faits, expliquant les circonstances de la vente et les raisons pour lesquelles elle n’a pas mentionné Thierno Mamadou Barry dans le jugement d’hérédité. « J’ai un enfant malade et un autre qui a fini les études. Je voulais envoyer celui qui a fini ses études à l’extérieur et soigner celui qui était souffrant. Mes enfants ont un demi-frère, l’aîné de mon défunt mari. Je l’ai appelé pendant plus de deux ans, mais il ne répondait pas. Cependant, j’ai fait le partage, donc j’ai enlevé sa part et j’ai revendu ce qui nous revenait à mes enfants et à moi. J’ai demandé à Elhadj Adama de venir faire les limites entre la part que je lui ai vendue et ce qui nous revenait désormais. Quand il est venu pour le faire, la famille a envoyé un mandat pour arrêter les travaux. Mon beau-frère, le petit frère de mon défunt mari, et moi sommes même allés jusqu’au quartier, mais la famille a demandé à ce que l’affaire soit réglée à l’amiable. Mais le demi-frère de mes enfants s’est catégoriquement opposé à la vente, disant que l’héritage de son père ne sera pas vendu. Tout le problème est que la part qui a été enlevée pour Thierno, il dit qu’il ne veut pas de cette partie, mais plutôt de la partie qui a été vendue. Lui-même Thierno, a proposé deux parcelles à Elhadj Adama, mais il n’a pas accepté. Je lui ai alors demandé de m’accorder un temps pour lui rembourser son argent, parce qu’il y a eu un problème entre la famille, mais il n’a pas voulu. Il a porté plainte contre moi et m’a fait enfermer pendant deux jours. Mais nous lui avons payé une somme de 150 millions. Il ne reste que 200 millions. Je lui ai demandé de m’accorder un temps pour rembourser le reste de l’argent, mais il n’a pas voulu », a-t-elle expliqué. À la suite de ces explications, le ministère public a cherché à mieux comprendre les faits. « Le terrain que vous avez vendu appartenait à qui ? », a demandé la procureure. « Le domaine appartenait à mon mari », a répondu la prévenue. À la question de savoir si toutes les parties étaient présentes et consentantes lors du partage, Aminata Bah a reconnu que seul Thierno n’y avait pas participé. « J’ai attendu cinq ans après le décès de mon mari. Pendant plus de deux ans, nous avons essayé de joindre Thierno, sans succès. J’étais dans le besoin. Mon mari est resté malade pendant dix ans et je n’avais personne pour m’aider », a-t-elle expliqué. Domicilié au quartier Sonfonia, Mamadou Adama Diallo, partie civile dans cette affaire, est marchand de profession. À la barre, il a contesté la version de la prévenue. « C’est un démarcheur qui nous a mis en contact. Quand nous sommes partis chez elle, nous avons discuté. La première question que je lui ai posée était de savoir si tous les concernés étaient d’accord. Elle m’a dit oui. Je lui ai demandé de faire tous les papiers concernant le domaine et la vente. Je lui ai demandé de créer un compte bancaire pour que je fasse le virement et c’est ainsi que j’ai versé l’argent. Mais il se trouve que tous les papiers qu’elle a faits ont été confectionnés dans un autre quartier et non dans celui où se trouve l’immeuble. Quand je suis venu pour faire la délimitation, j’ai appris qu’il y avait Thierno, un autre héritier. Il a envoyé un mandat d’arrêt des travaux. Elle dit ici qu’elle a fait le partage et qu’elle a enlevé la part de Thierno. Ce sont des contrevérités. Moi, je n’ai jamais connu Thierno et elle ne m’en a jamais parlé. C’est après la vente et l’opposition de la famille qu’elle a procédé au partage. Et même pour ce partage, c’est moi-même qui ai payé les honoraires de l’avocat, à hauteur de 4 millions 500 mille francs guinéens. Je ne voulais pas l’envoyer devant la justice. J’ai tout fait pour qu’elle me rembourse mon argent. C’est quand j’ai porté plainte que les 150 millions ont été remboursés », a-t-il déclaré. À l’issue des débats, les réquisitions et plaidoiries ont été entamées. Le conseil de la partie civile a demandé au tribunal de rétablir son client dans ses droits, sollicitant le remboursement des 200 millions de francs guinéens restants, 50 millions de francs guinéens au titre des dépenses engagées sur la parcelle, ainsi que 150 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts. Le ministère public, représenté par la procureure Joséphine Widoh Béavogui, a requis une peine de deux ans d’emprisonnement, le paiement d’une amende de 5 millions de francs guinéens, ainsi que la délivrance d’un mandat d’arrêt contre Aminata Bah. Le tribunal, présidé par le juge Thierno Oumar Barry, a renvoyé l’affaire au 9 février 2026 pour le délibéré. Mariama Barry pour Guineematin.com

Share this post: