TheGuineaTime

Violences conjugales à Conakry : Sékou Camara jugé pour le décès de sa femme

2026-03-12 - 18:08

Sékou Camara, un plombier de 47 ans, père de trois enfants, a comparu ce jeudi 12 mars 2026 devant le tribunal criminel de Dixinn. Il est poursuivi pour des faits de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, suite au décès de son épouse survenu au lendemain d’une dispute conjugale. À la barre, l’accusé a fermement nié les faits qui lui sont reprochés. Selon ses déclarations, l’altercation aurait éclaté après qu’il a reproché à sa femme, Fatoumata Manéah Camara, de s’être laissée conduire à l’hôpital par sa propre famille. La victime l’aurait alors insulté avant de le saisir au col pour déchirer son t-shirt. Sékou Camara a expliqué qu’étant vêtu d’une simple serviette à ce moment-là, il se serait contenté de lui maintenir les mains pour la forcer à s’asseoir, affirmant ne lui avoir jamais administré de coups, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters. L’accusé Sékou Camara est en détention préventive à la maison centrale de Conakry depuis le 16 août 2023. Appelé à la barre, il a nié les faits avant de revenir sur les motifs de l’altercation avec sa défunte femme. « Je ne reconnais pas les faits et je n’ai pas porté la main sur elle. Ce jour-là, je suis sorti de chez moi à 8 heures pour le travail. Avant de partir, j’ai donné de l’argent aux enfants pour leur petit-déjeuner. Mon épouse ne se sentait pas bien ; nous avons échangé et elle m’a dit qu’elle voulait de la soupe. Alors qu’elle était couchée, je lui ai remis de l’argent. À mon retour, je l’ai trouvée allongée avec un pansement sur la main, car elle venait de recevoir une perfusion. Je lui ai demandé si elle s’était rendue à l’hôpital ; elle m’a répondu que sa famille l’avait emmenée. Je lui ai alors reproché de s’être fait emmener par ma belle-famille sans mon autorisation, car je trouve cela honteux pour moi, avant de lui demander l’ordonnance afin de pouvoir rembourser ma belle-famille. C’est alors qu’une altercation a éclaté. Elle a commencé à m’insulter, a saisi mon col et a déchiré mon t-shirt. Comme j’étais en serviette, j’ai simplement attrapé ses mains pour la faire asseoir. Je jure que je ne lui ai pas porté la main ce mercredi-là. Après ma douche, vers 17 heures, elle a appelé un motard pour se rendre chez ses parents à Hamdallaye », a-t-il expliqué. Par ailleurs, Sékou Camara affirme avoir été informé du décès de sa femme à 14 heures, au lendemain de leur altercation, alors qu’il était à son lieu de service. « Le jeudi, au lendemain de notre altercation, ce n’est qu’à 14 heures que j’ai été informé de son décès alors que je me trouvais à mon lieu de service. Je me suis rendu sur les lieux à 16 heures à cause des embouteillages, mais ma famille y était déjà. Aujourd’hui, je regrette profondément sa mort. C’était la mère de mes enfants et elle m’aidait financièrement lorsque ma situation était difficile », a-t-il déclaré. Après la comparution de l’accusé Sékou Camara, le juge a fait savoir que la partie civile s’était désistée de cette affaire, avant de renvoyer l’audience au 2 avril pour les réquisitions et plaidoiries. Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

Share this post: